Thème « Littérature de l'imaginaire »
Mademoiselle Nuit, avec une majuscule, c'est le nom d'une mystérieuse personne très chevelue, très taciturne et très belle qui rôde la nuit sous le balcon du château d'Oscar Babaloukian, le riche marchand de peaux de bêtes. Hélas pour lui, ce nom s'écrit parfois avec une minuscule à nuit... Nyctalope, avec un I grec, ce n'est pas un concentré d'insultes et de grossièretés contemporaines, pas du tout. Un nyctalope est tout simplement quelqu'un qui a la faculté peu commune de voir la nuit, comme les hiboux. D'ailleurs le Nyctalope amoureux de l'histoire est plutôt ravi de posséder ce don puisqu'il lui fait rencontrer l'âme soeur à une heure indue. Quant au Sphinx, qui peut être aussi bien une créature diurne que nocturne, c'est ici un papillon géant à dessin de tête de mort que le héros de la troisième nouvelle croise au cours d'un cauchemar... Trois récits classiques pleins d'élégance, trois histoires de peur, de rêve et d'amour, trois histoires de nuit.
Avant, Village était un havre de paix. L'hospitalité et la bienveillance y régnaient. On y chantait souvent. Les malheureux y trouvaient refuge et ni leurs faiblesses ni leurs différences n'étaient tenues pour des défauts. Mentor était un maître d'école sage et respecté. Le Troc servait à échanger des biens agréables et nécessaires. Tout autour, Forêt veillait.
Et puis, l'inquiétude et le secret ont fait leur entrée à Village. Quelque chose a changé. Matty a naguère été accueilli à bras ouverts à Village, alors qu'il était un réfugié révolté, abîmé par la violence et la misère, et voilà qu'il entend parler d'un projet de fermeture des frontières. Lui qui ne rêve que de guérisons et de vies calmées, grâce au don extraordinaire qu'il vient de se découvrir, il voit les rancœurs, les envies et les peurs naître partout. Même Forêt devient menaçante. Pourquoi ? Est-il encore temps de revenir en arrière ?
Je ne sais pas, vous, les mammouths, mais moi, je croyais qu’il n’y en avait plus depuis dix mille ans au moins. Et vous, je ne sais pas, mais les mammouths, moi, je préférerais ne pas me trouver sur leur route. Avec cette odeur qu’ils dégagent de laine mouillée et d’herbe pas très fraîche, sans parler de l’habitude qu’ils ont d’écraser les gens. En particulier les directrices de Maisons du peuple. Et les mammouths, vous, je ne sais pas, mais, pour moi, ils ne se posent pas de questions déplacées sur leurs minijupes. Mais quand on en voit, des mammouths, qui se promènent vers l’horizon au crépuscule, ça paraît bizarre et ça laisse encore pas mal de questions en suspens. Le genre de questions qui méritent une enquête. Et là-dessus, pas de doute : Bobby Potemkine, c’est encore à toi de jouer.
Et si l’Expérience ultime n’était pas seulement un jeu vidéo mais un moyen de remonter le temps ?
Éric est retourné dans ce qu’il croyait encore être un jeu pour libérer Andreas. Au moment où il l’a retrouvé dans le Paris de 1942, son ancien camarade de classe lui a échappé et s’est enfui avec la disquette. Perdu pour de bon. Lâché, tel un monstre, dans la France de l’Occupation. Prêt à tout pour renverser le cours de l’Histoire et faire gagner le camp des bourreaux !
Qui peut encore l’arrêter ? Éric et Thierry sont désormais hors jeu. Gilles, le frère d’Éric, reporter de guerre, se porte volontaire pour retourner dans une France vert-de-gris, où des policiers français traquent des enfants, où des miliciens prêtent main-forte aux nazis. Il n’aura aucun droit à l’erreur, ni dans le jeu ni dans la vie réelle. Car il n’y a pas de point de sauvegarde. Il n’y en a jamais eu…
Éric et Thierry n’avaient jamais prêté attention à cet insigne sur la veste en cuir de leur copain Andreas. Une vieille décoration militaire parmi beaucoup d’autres. Jusqu’au jour où, dans une boutique de jeux vidéo à Londres, le vendeur, un vieil homme, avait pointé l’index vers l’insigne. Il était devenu livide, s’était mis à crier. Puis il leur avait donné le jeu, leur avait ordonné d’y jouer. – « Choisissez votre mode de jeu », avait demandé la voix. L’Expérience ultime n’est pas seulement un jeu vidéo, mais plutôt un passeport vers l’enfer, qui les renvoie dans le passé, sur le Chemin des Dames en 1917, à Guernica sous les bombes en 1937 ou à Paris pendant les rafles de juillet 1942…
No pasarán, le jeu a été adapté en bande dessinée par Christian Lehmann et Antoine Carrion aux éditions Rue de Sèvres.
Trois ans se sont écoulés. Trois ans pendant lesquels Eric et Thierry ont tenté d'oublier l'Expérience Ultime, le jeu pervers et dangereux qu'ils avaient installé sur leurs ordinateurs, le jeu qui les avait plongés en pleine guerre d'Espagne, et jetés sur les plaines dévastées du chemin des Dames en 1917. Eric n'a plus touché à un seul jeu vidéo. Thierry en a gardé un bien douloureux souvenir... Andreas, lui, a disparu. Sa disparition reste pour ceux qui furent ses compagnons une énigme, peut-être même un remords. À peine osent-ils l'évoquer avec leur nouvel ami, Khaled, passionné de jeux vidéo comme ils le furent eux-mêmes. Et si c'était dans le Jeu qu'Andreas avait disparu ? Et si Eric et Thierry représentaient sa dernière, son ultime chance de survie ?
Les bébés-pélicans ressemblent à des ptérodactyles chauves avec des yeux étonnés et de petites pattes palmées un peu roses et grisâtres. On en voit de plus en plus dans le quartier de Bobby Potemkine. Il restent plantés là, dans les rues, les magasins ou les maisons, toujours tranquilles et immobiles, à attendre on ne sait quoi. Même les caresses ne leur font ni chaud ni froid. Ils ne mangent ni ne fientent. Ils sont si peu encombrants que les habitants de la ville ont pris l'habitude de les emmener partout avec eux, accrochés autour du cou avec un morceau de ficelle. Jusqu'au jour où leur nombre devient si inquiétant que Lili Nebraska charge Bobby Potemkine de retrouver leurs mères-pélicans. Il doit leur dire que c'est à elles de s'occuper de leurs bébés, et pas aux habitants du quartier. Mais cette fois-ci l'enquête s'avère difficile. Car personne ne sait à quoi ressemble une mère-pélican. D'ailleurs on ne sait même pas si ça existe...
Une fois la drôle de bête glissée dans son sac, Linka songea qu’elle allait peut-être s’attirer de gros ennuis. L’article 1 était explicite : toute personne en contact avec une vie non humaine devait l’éliminer. C’était ainsi depuis que l’épidémie de PIK3 avait décimé la population et provoqué l’abattage de tous les animaux du pays.
Non humaine, la bête l’était assurément, mais de quel animal s’agissait-il ? Même dans les vieux documentaires animaliers qu’on leur montrait à l’orphelinat, Linka n’avait jamais croisé ce drôle de poisson aérien qui changeait de forme à volonté. Elle l’avait appelée « Vive » et, malgré la surveillance constante dont elle faisait l’objet, la jeune fille était parvenue à la cacher.
Avec Vive à ses côtés, Linka se sentait étrangement plus forte et capable d’affronter les menaces qui l’entouraient : Mme Loubia et le professeur Singre, prêts à « reconditionner » Linka au moindre faux pas ; les Brigades vertes et les Fantassins, toujours à l’affût des déserteurs et des rebelles ; et ce mystérieux Docteur Fury, un vagabond qui cherchait à récupérer Vive…
Les Josette sont des écolières qui portent toutes le même prénom : Josette. Jusqu’ici, rien de grave.
Mais voilà : depuis un mois, les Josette ont cessé d’aller à l’école. Elles préfèrent errer dans les rues, se rassembler sur les bords de l’estuaire, et grignoter des oeufs durs. Elles sont de plus en plus nombreuses. Quand on les questionne, elles répondent qu’elles attendent la douze millième Josette. Bobby Potemkine a beaucoup de mal à en savoir plus, car les Josette ne parlent qu’aux Josette. Heureusement, Lili Nebraska vole à son secours, comme d’habitude. Et aussi Lili Iomelli, sa voisine, qui a naguère exercé le métier de photocopieuse sans machine et en a gardé une extraordinaire richesse de vocabulaire.
Lili a remarqué que les Josette se passionnent pour les oeufs. Pourquoi ? La douze millième Josette va-t-elle éclore ? Être pondue ? Et que se passera-t-il ensuite ? L’inquiétude monte dans la ville, tandis que la nuit devrait tomber, mais ne tombe pas…
1889. L’empereur Napoléon III, grand vainqueur de Sedan, s’apprête à inaugurer l’exposition universelle organisée dans un Paris grouillant d’automates en tout genre. Lors de la parade d’ouverture, Philémon de Fernay, jeune élève de saint-Cyr, a le privilège de piloter le Zéphyr, le nouvel aéronef crée par Clément Ader. Mais tout déraille lorsque l’engin volant s’écrase sur la salle des machines et la pulvérise. Sous les gravats, Philémon découvre alors le corps d’un enfant automate aux traits particulièrement réalistes. Quel fabricant a bien pu enfreindre la loi principale de la Pax automata qui interdit la conception d’automates ressemblant à des humains ? Même Zélie, la romanicielle et mécanographe hors pair, n’a jamais rien vu de pareil ! Plus mystérieux encore…Une fois activé, l’enfant automate est capable de faire exploser n’importe quel mécanisme à proximité. Serait-ce une arme secrète dirigée contre l’Empire ?
Bobby Potemkine est perplexe. L'enquête qu'on lui a confiée n'est pas de tout repos. Aucune enquête ne l'est. Mais celle-là encore moins qu'une autre. Il s'agit d'enquêter sur la disparition de Lili Soutchane, l'inventeuse du feu, une très jolie brune avec un foulard rouge autour du cou et rien d'autre. Ca s'est passé pendant la boule bleue, à la troisième lune rousse, à l'époque où l'on mesurait le temps en boules, billes et bulles de couleur, et en lunes. Bobby Potemkine ne sait pas combien de boules va lui prendre cette enquête. À force d'interroger l'entourage, il n'est même plus sûr que c'est bien Lili Soutchane, l'inventeuse du feu. C'est peut-être plutôt Lili Chpolnik, la très vieille grand-mère qui héberge chez elle un orchestre de mouches. C'est peut-être aussi le crabe laineux qui tient un commerce de guimauves et de boules de gomme près de l'ancienne gare du RER détruite par une méréorite... Va savoir. Ce dont Bobby est sûr, en revanche, c'est qu'il éprouve toujours un gros faible pour Lili Niagara, la chauve-soubise.
On dit qu’il est un peu simplet, aussi démuni qu’un enfantelet et incapable de méchanceté. Pourtant, la tête de Ramulf vient d’être mise à prix. Le jeune homme a laissé échapper le singe qu’il venait d’acheter au marché et la créature en a profité pour se moquer publiquement de Jehanne la Pieuse, poétesse et fille de duc. L’humiliation est si grande qu’elle a fait sombrer la noble dame dans une dépression mortelle. Enragé par la haine, le chevalier de Montluc, secrètement épris de Jehanne, a juré d’avoir la tête de Ramulf et celle de son animal. Il a lancé à leur poursuite sa bande de Cholériques, des guerriers sans pitié ayant survécu au choléra-morbus. Il faut fuir, quitter le royaume de Lotharingie au plus vite. Pour tous, Ramulf n’a pas la moindre chance d’échapper à ses poursuivants. Et pourtant, la chasse à l’homme ne fait que commencer…
Lorsqu’elle était encore enfant, Fatima a reçu la visite de la Mort, et elle a tout perdu. Son village, sa famille, et jusqu’à son nom, devenu Sankofa. Son seul trésor était une graine aux pouvoirs mystérieux, venue du ciel lorsque les météores tombaient, mais on l’en a dépouillée. À présent crainte et respectée comme la fille adoptive de la Mort, Sankofa erre sur les terres ancestrales du Ghana, avec pour seul compagnon un renard, à la recherche de réponses, de ce qui a disparu, et surtout de ce qui l’attend.
Son nez n’est pas du tout crochu. Elle ne chevauche aucun balai, ne touille aucun chaudron. Pourtant, Ingrid est une sorcière. Et une belle.
Le jour où elle débarque au village de Skelleftestad, tous les hommes tombent raides. Elle pourrait prendre celui qu’elle veut. Alors pourquoi choisit-elle d’épouser Nils Swedenborg, qui est certes beau, joyeux, fidèle et travailleur, mais aussi pieux et indécrottablement stupide ? Pour se ranger ? Mener une vie tranquille au coin du feu, avec le charpentier du cru, et s’en aller prier au temple tous les dimanches ?
Non. Une sorcière a un besoin viscéral de tours et de magie. C’est leur fille qui raconte l’histoire. Elle connaît la réponse. Et cette réponse fait froid dans le dos.
Il y a bien longtemps, à Dentown, les eaux du lac scintillaient en été. On venait s’y baigner ou s’aimer au bord de son eau transparente comme une vérité.
Maintenant, on y croise seulement les ombres menaçantes de son fond. Il y a eu la Noyée, cette pauvre fille avec ses grosses lunettes, puis ce petit garçon aux bottes jaunes, disparu comme par enchantement. Plus personne ne vient au lac maudit, sauf ceux qui ont des voeux à lui faire exaucer.
Norah, elle, voulait une nouvelle vie rêvée, juste un peu trouble comme l’eau du lac : devenir quelqu’un d’autre. Une Claudia, reine de beauté du lycée au regard bleu saphir. Un simple petit arrangement, pas vraiment un mensonge.
Puis soudain une épaisse couche de poudreuse noire a recouvert les arbres. Le vieux Preston avec son sourire de squelette est sorti de son tombeau. Et, surtout, Richard Tyler est mort en se vidant de son sang. Les trois sorcières de la forêt, elles, le savent bien. Le lac tient toujours ses promesses. Il donne, il prend sous son eau qui s’éveille. À Dentown, ce qui vivait hier va devoir mourir.
Le jeune Will Parker a donc rejoint les rangs des rebelles qui se cachent dans la montagne (voir le premier tome : « Les Montagnes Blanches »). Nous le retrouvons ici chargé de s'introduire clandestinement chez les Tripodes pour y découvrir un moyen de combattre l'ennemi qui a colonisé la Terre. Avec lui et son compagnon, nous pénétrons dans la Cité où règnent une chaleur, une pesanteur et une tyrannie accablantes. Le voici aux ordres d'un de ces Maîtres vénérés qui ont réduit leurs esclaves humains à l'état d'animaux domestiques voués à une usure rapide. Le jour approche où, de toute façon, la race des hommes sera rayée de la surface d'une planète dont l'atmosphère lui sera devenue, à la lettre, irrespirable.
Will réussira-t-il à accomplir sa mission? Pourra-t-il s'évader à temps, en possession de renseignements qui permettront aux hommes de mettre au point la contre-attaque?
Son combat - terrible - nous est magistralement raconté dans ce deuxième volet de la trilogie des Tripodes.
La Trilogie des Tripodes : « Les Montagnes blanches », « La Cité d'or et de plomb », « Le Puits de feu ».















