Thème « géographie »
Les onze contes qui forment ce recueil vous paraîtront tout d'abord familiers, ils vous rappelleront une histoire venue d'Italie, de Russie ou de Bretagne. Mais bien vite vous vous retrouverez dans un monde ignoré, où se combinent influences arabe et européenne. Cela est frappant dans « La fille du roi maure », qui donne son titre au récit, dans « La tour de Babylone », cette fabuleuse histoire d'un vieillard condamné à y garder une princesse captive, ou encore dans « Les Trois fées », qui évoque singulièrement l'univers des Mille et Une Nuits.
Cinq histoires absolument incontournables tirées d'une des plus belles collectes du monde. « L'Oiseau-de-feu » raconte comment les trois fils du tsar partirent à la recherche de l'oiseau qui venait voler les pommes d'or du jardin de leur père. Seul le dernier, Ivan Tsarévitch, grâce à son fidèle loup gris, parviendra à mener à bien cette enquête.
Dans « Le songe », un père demande à ses deux fils de lui raconter leur dernier rêve. Le premier obéit, mais le seconde refuse au péril de sa vie.
« Le sept Siméon » sont sept frères jumeaux et, à eux sept, ils sont vraiment invincibles. Mais le tsar ne veut pas garder à son service le dernier des Siméon, voleur de profession. Heureusement, ses conseillers le persuadent de n'en rien faire et les Siméon, à bord de leur vaisseau volant, s'en vont enlever la princesse dont rêve leur maître.
« Emelian le fainéant » ne souhaite rien d'autre que dormir sur son poêle. S'il consent parfois en descendre, c'est parce que ses frères lui ont promis un beau bonnet en fourrure et des bottes rouges. Et pourtant c'est lui qui détient la clef du bonheur.
« Vassilissa la très belle » n'est encore qu'une enfant lorsque sa mère meurt, lui confiant uen poupée pour la protéger. Mais que peut faire une poupée contre sa marâtre cruelle et la terrible Baba-Yaga, l'horrible sorcière qui vit au coeur de la forêt dans son ishba perchée sur des pattes de poule ?
Au pays San, pour qu'un conte soit bon, il faut qu'il ait bien mûri. Et à n'en pas douter, dans ce pays où l'ethno linguiste Suzy Platiel a longtemps travaillé, il y a beaucoup de soleil car les contes qu'elle y a récoltés sont vraiment délicieux. Si vous aimez le titre, essayez donc la fille caillou : À quelque temps de là , elle accoucha d'un... caillou, une jolie petite boule de silex, ronde, ronde, ronde. Alors pour cacher sa honte, elle s'empressa d'aller rouler la petite boule de silex sous le grenier. Des contes sà nán, il y en a pour tous les goûts, des drôles et des tristes, des longs et des courts, des très jolis et des un peu crus mais dans tous ou presque on aime à se moquer : des parents trop sévères, des animaux trop naïfs, des Blancs trop violents, des amoureux trop amoureux, d'un imbécile qui organise un concours de mensonges, des génies malfaisants aussi. Il faut dire qu'au pays San il se passe des choses vraiment surprenantes : un bébé sort du ventre de sa mère pour l'aider à charger son bois pour le feu, une jeune fille a beaucoup de mal à garder ses seins, une autre ressuscite son fiancé avec une queue de serpent, un petit chiot veille sur la santé de son maître mieux que ne le ferait sa mère, un abominable scorpion élit domicile dans le nez d'un malheureux singe.
On ne connaît pas en France les contes qui font les délices des enfants tchèques. Pour remédier à cette injustice, les auteurs de « Cheveux d'or » ont longuement exploré le vieux fonds populaire tchèque et ils ont lu et relu la collecte de Karel Erben, cet archiviste poète qui, au début du siècle dernier, fit le tour des châteaux de Bohème pour sauver de l'oubli les contes populaires qui dormaient oubliés au fond de vieux grimoires. À cette époque, le tchèque n'était plus parlé que par une minorité de paysans, l'allemand était devenu la langue courante, celle des écrivains et des intellectuels.
Aujourd'hui, ils nous font partager leur émerveillement pour ces histoires venues pour la plupart du Moyen Age.
« Il y avait un roi si sage qu'il comprenait ce que tous les êtres vivants se racontaient. Écoutez donc comment cela arriva. Un jour une vieille grand-mère vint le voir, apportant un serpent dans un panier; elle lui dit de l'apprêter : s'il le mangeait, il comprendrait tout ce que pourrait dire n'importe quel animal dans l'air, sur terre et dans l'eau. Il plut au roi de pouvoir connaître ce que tout le monde ignorait, il paya bien la grand-mère et ordonna immédiatement à un serviteur de lui préparer ce "poisson" pour le déjeuner... »
Il fallait grimper tout en haut des hauts plateaux tibétains, où les yaks aiment leur maître à en mourir, pour découvrir comment Akhu Tonpa se joue des hommes à chaque occasion. Pour rencontrer un enfant de trois ans capable de dominer un roi. Et si la vie est dure à 3 000 mètres d’altitude, chacun de ces récits témoigne d’un profond attachement à une culture bien vivante.
Ne vous fiez pas au sourire du poisson !
C’est une des leçons que vous trouverez dans ce recueil de contes turcs choisis dans les archives de deux excellents spécialistes du domaine. Ils ont pour traits communs l’originalité et la démesure. Ces contes à tiroirs frisent même la folie. C’est le cas de celui qui a donné son titre à ce livre.
Dans ce recueil tous les héros, vagabonds ou sultans, rivalisent d’imagination pour obtenir ce qu’ils veulent. Cela vaut pour les hommes comme pour les animaux, souvent très inquiétants, qui se pressent dans ces histoires. Supermalin, superidiot, superhonnête, supermenteur, supermanipulatrice, superpeureux, superbelle, superlaide… chacun se surpasse dans son domaine. Le résultat est stupéfiant.
Impossible de résister à la gaieté très caustique de ce répertoire inédit en France.
« Serai-je le héros de ma propre histoire, ou ce rôle sera-t-il tenu par un autre ? Ces pages l'apprendront au lecteur. Pour commencer par le commencement, je note que je naquis un vendredi à minuit - du moins me l'a-t-on dit, et je n'ai aucune raison d'en douter... »
Voilà un début engageant. La suite l'est moins : né six mois après la mort de son père, David Copperfield se retrouve vite nanti d'un terrifiant beau-père, dont la soeur, la glaciale et métallique Miss Murdstone, suffirait à elle seule à caractériser l'Angleterre rigide et puritaine du début du XIXe siècle... Car, si David Copperfield est bien l'histoire d'une enfance malheureuse, c'est avant tout une irrésistible galerie de portraits qui laisse le lecteur partagé entre l'effroi et le fou rire : il y a les méchants, bien sûr, comme l'hypocrite et gluant Uriah Heep, mais aussi les excentriques, ces doux dingues que Dickens excelle à dépeindre : M. Dick, qui rédige ses pensées sur un cerf-volant ou l'impayable tante Betsey et sa phobie des ânes...
David Copperfield est sans doute le roman le plus autobiographique de Dickens. C'est aussi, de son propre aveu, son préféré : « Comme beaucoup de pères aimants, j'ai, au fond de mon coeur, un enfant favori. Et il s'appelle DAVID COPPERFIELD. »
Chaque jour est un combat dans les rues bondées de Chennai, en Inde. Et lorsque Viji et sa soeur, Rukku, fuguent pour ne plus subir la violence de leur père, la situation semble sans espoir. Dans un monde impitoyable et dangereux, où nul n’accorde un regard aux parias, elles sont des plus vulnérables. Mais leur rencontre avec deux jeunes sans-abri, sur un pont en ruine, va peut-être tout changer.
Isabella White est à l’abri de tout. À bientôt treize ans, elle vit dans les beaux quartiers de Londres. Elle est la fille unique d’un avocat prospère. Surtout, elle a Andrew Chapel, le fils de l’assistant de son père. Qu’ils le veuillent ou non, un lien ancien et mystérieux unit les White et les Chapel. Un lien que rien, jusqu’à présent, n’a pu dissoudre. Mais c’est 1939, la guerre arrive et les bombardements allemands menacent Londres. Pendant que leurs pères partent au combat, Isabella et Andrew doivent fuir. Que restera-t-il quand ils reviendront ?
1941. Hitler décide d’envahir l’Union soviétique. Dans la précipitation, on organise l’évacuation vers l’arrière de milliers d’enfants. Viktor et Nadia sont parmi eux. Mais, pour la première fois de leur vie, les voilà séparés. Viktor est envoyé dans un kolkhoze à Kazan, pendant que Nadia se retrouve bloquée à proximité du front des combats. Désormais, Viktor n’a plus qu’une idée en tête : traverser le pays dévasté par la guerre, les bombardements et la faim, pour retrouver sa soeur. Et pour cela, il doit être prêt à tout. Car, dans un pays en guerre, nécessité fait loi.
Les vacances d’été viennent de commencer et Annabelle a promis d’aider sa maîtresse à nettoyer l’école pour septembre prochain. Pendant ce temps, un étranger nommé Drake Graf se présente à la recherche de son chien Zeus, qu’il a perdu. Au moment où Annabelle et Mme Taylor quittent l’école, elles entendent non seulement le tonnerre au loin, mais Andy Woodbury, le complice de Betty, les observe non loin de là . Alors qu’Annabelle rentre chez elle, l’orage commence et un éclair la frappe, l’assommant et arrêtant son coeur. Mais quelqu’un apparaît, lui frappe la poitrine et fait repartir son coeur, avant de s’enfuir. Lorsqu’elle reprend conscience, elle ne se souvient pas de la personne qui l’a aidée, mais ses sens – l’odorat, l’ouïe, la vue – sont si développés que ses frères les appellent des superpouvoirs.
Vers le milieu du XIXe siècle, les besoins de charbon sont grands, en France et dans le monde. Le charbon est devenu la principale source d'énergie, c'est lui qui permet l'essor de l'industrie et des transports. Des hommes - les mineurs - descendent chaque jour à plusieurs centaines de mètres sous terre pour extraire la précieuse houille. Des hommes, mais aussi de jeunes garçons, qui quittent l'école dès l'âge de dix ans pour effectuer ce travail harassant, nocif et périlleux. Louis et Tounet, enfants de la mine et héros de ce récit, sont, hélas, quotidiennement en danger de mort. Une histoire documentaire et un dossier pour en savoir plus sur les mines de charbon et le travail des enfants illustré de photographies d'époque.
Angostura, au bord de l’Orénoque, 13 juin 1800. Fils d’une esclave, séparé de sa mère à 5 ans, Pablo est devenu le souffre-douleur de ses demi-frères et n’a guère d’espoir de mener une vie meilleure, quand deux savants européens font escale dans son village. Humboldt et son ami Bonpland traversent l’Amazonie pour dresser l’inventaire de sa faune et de sa flore. Ils remarquent vite la curiosité naturelle, l’esprit vif et les dons pour le dessin de Pablo, et l’emmènent avec eux. En forêt, le garçon sauve la vie de Bonpland. Pendant la traversée vers Cuba, lors d’une tempête, il met à l’abri leur bien le plus précieux : un herbier géant. Galvanisé par leur confiance, Pablo renoue avec son rêve de gosse : retrouver sa mère…
En 1735, Esther Brandeau a quatorze ans. Fille illégitime d’un marchand d’étoffes réputé, elle vit dans un village du sud de la France. Sa famille veut arranger un mariage avec un chiffonnier afin de préserver sa réputation, et Esther s’enfuit. Mais la vie sur les routes est pleine de dangers pour une jeune fille, juive de surcroît. Alors Esther se travestit et elle va vivre plusieurs vies : tour à tour protégée d’une courtisane, boulanger, matelot, elle devra, pour se sauver des périls, changer plusieurs fois d’identité. Portée toujours par l’espoir de retrouver Philippe, un marin qui lui a permis de réchapper d’un naufrage, elle tombe d’un monde dans un autre, et du Vieux Monde dans le Nouveau.
Elle traverse l’océan et arrive à Québec, dans la province de la Nouvelle-France. Mais, à cette époque, la Nouvelle-France est une colonie catholique, et l’entrée en est interdite aux personnes de confession juive. Jusqu’où Esther sera-t-elle prête à aller pour accomplir son destin ?
Je m'appelle Michel Igaliev. Je suis un bien vieux grand-père. Ma vie est déjà longue, très longue. Rassurez-vous, je ne vais pas vous la raconter. Juste une petite histoire, bien curieuse: Je suis né dans une drôle de maison, une sorte de bateau que la crue du fleuve soulevait et faisait flotter, deux fois chaque année. Avec mes trois frères et mes quatre soeurs, nous avions toute la plaine pour jouer, les marais, les hautes herbes. Mais un jour, cette vie-là s'est arrêtée tout net. Les parents nous ont dit: « C'est la guerre. Partons. Le fleuve nous conduira à la mer. » Une fois arrivés au bord de la mer, dans le port de Riga, mon père a vendu le bateau-maison. Avec l'argent, mon père a payé notre passage sur un schooner qui repartait à vide après avoir livré sa cargaison de pommes de terre. Son idée, c'était de fuir le plus loin possible.
Il porte le nom d’un héros de légende, Cùchulainn, l’Hercule celte. Il pèse plus d’une tonne. Il est noir, géant, puissant, splendide. Si Mary et Conrad McConnally ont pu se payer à la foire ce cheval de race, c’est parce qu’il est borgne.
Une folie, à l’image de leur amour. Car Cùchulainn ne sert à rien. Il refuse de travailler. Il règne sur les pâturages de leur petite île en mer d’Irlande, comme un seigneur tranquille.
Pourtant, quand Conrad le pêcheur disparaît dans une tempête en laissant Mary enceinte, il semble que Cùchulainn trouve enfin sa mission sur la terre : sentinelle. Ange gardien en forme de cheval.
Mary a donné le jour à des jumelles, Esther et Rebecca, qui grandissent en s’inventant un langage que personne ne comprend. Sur l’île, on les déclare simplettes. Mais entre elles et Cùchulainn, une mystérieuse complicité se tisse, un lien secret qui fait peur à Mary. C’est pourtant ce qui va lui sauver la vie.
C’est lors d’un séjour dans la Manche, il y a quelques années, que Jean-François Chabas a éprouvé l’émotion qui devait donner naissance à ce livre. Dans un pré, des chevaux de trait immenses, rugueux, semblant surgir du fond des âges, se disputaient ses caresses, jusqu’à se battre, poitrail contre poitrail. Baôm ! Baôôômm ! Pour retrouver ce bruit, Jean-François s’est mis au travail.















