Thème « texte fondateur »

Classiques / 9782211050012 / 0.00 € / Disponible

Quand Virgile entreprend d'écrire l'Énéide, il est déjà un poète célèbre, ami d'Octave, le futur Auguste. Celui-ci vient de triompher d'Antoine et de Cléopâtre, à Actium (31 av. J.-C.), et veut établir dans le monde une paix fondée sur la réconciliation entre les peuples... sous la bienveillante protection de Rome. Virgile lui apportera son aide en chantant la grandeur de Rome et en justifiant son rôle hégémonique. Selon d'anciennes légendes, Énée, prince troyen, gendre du roi Priam, avait pu échapper aux Grecs lors du sac de Troie, et emmener avec lui quelques compagnons d'infortune. Un oracle leur avait promis qu'ils fonderaient une nouvelle Troie dans un pays mystérieux, l'Hespérie, pays du Couchant. Après un long périple en Méditerranée, ils s'installent par la force dans le Latium, contre le gré de certains peuples, mais en s'alliant avec d'autres. C'est ainsi qu'étaient nés les ancêtres de Rome. Virgile montrera que le peuple romain a un passé aussi noble que celui des Grecs. Parmi ces Romains, une famille est privilégiée, car elle descend directement des dieux les plus anciens : il s'agit de la gens Iulia - celle de César et d'Auguste -, qui revendique comme fondateur de sa lignée le fils d'Énée, Iule. Énée est transformé par Virgile en un héros mythique, véritable conducteur de peuples. Ses combats sont l'accomplissement d'une mission au cours de laquelle il est constamment guidé par les dieux. Sa qualité essentielle est la pietas : amour de la famille, fidélité indéfectible envers la patrie, et surtout soumission aux dieux. Dès lors, ceux-ci prennent Énée en charge, lui expliquent les épreuves qu'il endure, lui montrent comment il doit les affronter et, surtout, entrouvrent pour lui, au fur et à mesure, les fenêtres de l'avenir. Cela explique que les récits de l'Énéide ne connaissent pas de limite d'espace ni de temps. Le destin de Rome se joue sur les trois grands continents alors connus : l'Asie, l'Afrique, l'Europe ; celui d'Énée passe par l'amour de trois femmes : Créüse en Asie, Didon en Afrique, Lavinie en Italie. L'action se déroule non seulement sur la terre, mais également dans le ciel, où les dieux parlent et agissent, s'affrontent même, et aux enfers, où ils apurent les comptes du passé avant de préparer l'avenir. Le temps lui-même est aboli : l'avenir fait déjà partie du présent, qui lui-même intègre le passé le plus reculé. Virgile fait vivre son héros dans l'éternité. Il donne ainsi pleinement vie aux affirmations de la propagande d'Auguste : Rome a une vocation d'éternité, celle de réunir en elle tous les peuples qui ont été déchirés par les maux et les guerres du passé, et de les guider vers l'établissement d'une cité à la fois humaine et divine. Pierre Monat, professeur à l'université de Franche-Comté

Classiques / 9782211072007 / 0.00 € / Disponible

Quand commence l'Iliade, il y a dix ans que les Grecs occupent le rivage et combattent les Troyens pour la beauté d'une femme et les trésors d'une ville. Mais Achille s'est retiré dans sa baraque : la colère l'emporte, il ne se battra plus. Aussitôt les Troyens descendent dans la plaine, conduits par Hector. Les navires flambent; les boucliers, les lances, les cuirasses de bronze se heurtent terriblement. Ainsi s'accomplit la volonté de Zeus. Ce bruit formidable de bataille et la douleur de qui pleure ses morts, l'Iliade les fait entendre depuis près de trois mille ans.

Classiques / 9782211041225 / 0.00 € / Disponible

Dans la petite île d'Ithaque, Pénélope et son fils Télémaque attendent Ulysse, leur époux et père. Voilà vingt ans qu'il est parti pour Troie et qu'ils sont sans nouvelles de lui. De l'autre côté des mers, Ulysse a pris le chemin du retour depuis longtemps déjà. Mais les tempêtes, les monstres, les géants, les dieux parfois, l'arrêtent ou le détournent de sa route. Premier grand voyageur, Ulysse découvre l'inconnu où naissent les rêves et les peurs des hommes depuis la nuit des temps; l'Odyssée nous dit cette aventure au terme de laquelle le héros retrouve enfin, aux côtés de Pénélope, « la joie du lit ancien ».

Classiques / 9782211096034 / 0.00 € / Disponible

« Il est celui qui a tout vu, tout connu, celui à qui les mystères de l’univers ont été révélés. » Ainsi commence Le Récit de Gilgamesh, le tout premier héros engendré par l’humanité dans la Mésopotamie du IIIe millénaire avant J.-C. Si Gilgamesh est une sorte de super-héros antique affrontant les monstres et les dieux, il est aussi, et avant tout, un homme.
Terrassé par le décès d’Enkidu, son ami, son frère, et désormais tenaillé par l’atroce peur de la mort, Gilgamesh accomplira l’impossible. Il veut trouver la vie éternelle : il atteindra les confins du monde connu et franchira les « monts jumeaux » que défendent les hommes-scorpions. Il s’agit pour lui d’interroger les survivants du Déluge : eux sauront…
Et Gilgamesh s’en reviendra, « plein d’usage et raison ». Peut-on être homme et ne pas mourir ? Bien avant Ulysse, Gilgamesh rapportera la réponse, une réponse étonnante.

Le Récit de Gilgamesh serait la plus ancienne des oeuvres littéraires connues. Il est parvenu jusqu’à nous grâce au premier système d’écriture inventé par l’homme, l’écriture cunéiforme. Découvertes dans les fouilles de la bibliothèque du roi Assurbanipal, à Ninive, les tablettes d’argile sur lesquelles il était gravé le révélèrent au monde vers 1870. Depuis la rentrée scolaire 2009-2010, Le Récit de Gilgamesh compte parmi les textes à étudier en classe de sixième.