Thème « Russie »
Au cinquième étage de l'immeuble numéro 81 des grandes avenues du secteur de Kiev, les héros de la steppe et les ingénieurs de la centrale se retrouvent pour dîner à la table de Vladimir le Beau Soleil. Ils boivent des miels noirs, mangent des betteraves vivantes et chacun se vante, parade et raconte ses dernières batailles.
Soukmane Soukmanovitch, lui, reste silencieux. Pourtant, il a accompli seul un acte très brave. Il a sauvé Kiev d'une armée de quarante mille ombres à masques de blaireau. Il est blessé. À son flanc, il a trois plaies rouges qu'il rebouche avec des poignées de coquelicots.
Celui qui vous chantera les exploits de Soukmane, c'est le batelier qui sillone les marécages entre Chodga et Chalia; il faudra qu'un jour vous montiez dans sa barque. Et pour le cas où vous ne trouveriez pas la barque, Elli Kronauer a écrit pour vous ces récits de la Russie de toujours, il a réveillé ces personnages légendaires, qui maintenant circulent à cheval entre la steppe ondoyante et les ruines des centrales nucléaires.
Tarass Boulba est un Cosaque ukrainien, fier, vaillant, belliqueux - un Cosaque pour qui seules comptent sa foi orthodoxe, sa terre et la lutte immémoriale contre les Polonais. Il accueille ses deux fils, Ostap et Andreï, qui rentrent de Kiev, ayant terminé leurs études à l'université, et les conduit très vite à la « Setch », le campement militaire des Cosaques.
Mais Andreï, le cadet, tombe amoureux d'une belle Polonaise et passe à l'ennemi ! Incapable de supporter cette trahison, son père le tue de ses mains.
L'aîné, Ostap, est fait prisonnier. Dès lors Tarass Boulba n'a plus qu'une idée : le venger...
Gogol écrit la première version de Tarass Boulba à vingt-six ans et met toute la fougue de sa jeunesse dans cette superbe exaltation du peuple cosaque qu'il a connu dans l'enfance : avec Tarass Boulba, on chevauche au vent de la steppe, on se bat avec héroïsme et férocité, on ripaille, on chante, bref on découvre la truculence de l'épopée la russe, immortalisée au cinéma par Yul Brunner et Harry Baur.