Thème « relations dans la famille »
La première fois que Lucas Swain a rencontré Violet Park, elle était coincée sur une étagère, dans les locaux d’une compagnie de taxis. Pour être précis, ce n’est pas elle qu’il a repérée en premier, mais la boîte qui la contenait : Violet Park, réduite en cendres dans son urne funéraire, avait été oubliée à l’arrière d’un taxi et attendait depuis cinq ans que quelqu’un vienne la chercher. Lucas n’en savait pas plus, mais il avait calculé qu’elle était décédée l’année même où son père à lui avait disparu.
Lucas s’est alors dépêché d’emmener la vieille dame morte ailleurs, dans un endroit agréable. Puis il s’est aperçu que tout le monde semblait la connaître. Elle n’arrêtait pas de surgir de partout, comme pour attirer son attention, pour lui dire quelque chose qu’il n’arrivait pas à comprendre… Un secret ?
Un jour, Jeanne prend un cahier pour évoquer le vert paradis de son enfance et les mots doux qui l'ont bercée : Peste, Chieuse, Tête à claques, Insolente et Future Pétasse, sont les premiers qui lui viennent à l'esprit. Avant de découvrir que ses parents ne sont pas des monstres. Juste des névrosés ordinaires, lâches et ennuyeux. Pas si grave, pense Jeanne. Tout ce qu'elle leur demande, c'est de ne pas la forcer à être comme eux. Elle a mieux à faire : flâner, rêver, s'énerver, balader son insoumission printanière sous les nuages... Dans un monde angoissant, cacophonique et brutal, Jeanne cherche la douceur. Elle a déjà la certitude d'être un individu, une pièce unique et elle se sent lasse de passer pour le veau numéro 22 du troupeau 4B, deuxième rangée, septième case sur le bitume, en partant des toilettes du fond de la cour. En même temps, Jeanne n'a pas peur : elle garde au fond d'elle le souvenir d'une forêt profonde et elle sait que quelqu'un(e) l'attend quelque part.
David Belting a un don. Il dessine formidablement, sans avoir jamais appris. Qu’il dessine des cerises, par exemple, et les oiseaux viennent les picorer.
Ses parents en sont convaincus : David sera un grand artiste et fera fortune. C’est ainsi qu’ils le poussent à suivre les cours de la vieille Miss Elroy, puis, à l’âge de 15 ans, à intégrer la toute nouvelle école d’art de Reno.
Mais là -bas, l’enseignement est partagé entre deux professeurs aux conceptions diamétralement opposées. Comment trouver sa voie dans cet environnement hostile ?
Le chemin que David devra se frayer n’est peut-être pas plus large que la célèbre Donner Pass, par où, au XIXe siècle, les chercheurs d’or se ruaient vers l’ouest.
Une mère, on n’en a qu’une, pas vrai ? Même si elle picole toute la journée, même si elle oublie de vous acheter à manger, même s’il faut la tirer du lit le jour du versement des allocations chômage, il faut faire avec… Et Jono, du haut de ses quatorze ans, a toujours fait avec la sienne. Mais le soir où sa mère frappe sa petite soeur en pleine figure d’un coup tellement puissant que Julie valdingue à travers la pièce, Jono décide que c’en est trop.
Que peut-il faire ? Appeler la police ? Une assistante sociale débarquerait dans les trois heures et n’hésiterait pas à les séparer. Emmener Julie loin d’ici ? Mais pour aller où ? Jono n’en a pas la moindre idée, mais il sait qu’il est le seul à pouvoir protéger sa petite soeur.
« Julie, je t’aime, mais tu n’apprendras rien : j’ai dû te le dire 35 282 fois depuis qu’on s’est embrassés la première fois. Et je voudrais faire l’amour avec toi, j’ai tout le matériel. »
Après avoir jeté de nombreux brouillons, Doriand envoie enfin une lettre à Julie. Les jours qui viennent seront capitaux, essentiels, vitaux. Doriand se pose des dizaines de questions telles que : Julie va-t-elle répondre ? Julie pense-t-elle comme lui que le moment est venu ? Et surtout, Julie l’aime-t-elle profondément, passionnément, à la folie, ou tout simplement autant qu’il l’aime ?
C’est dans ce moment de réflexion particulièrement angoissant que le père de Doriand choisit de devenir infréquentable. Un père copain, écrivain et célibataire, c’était déjà pénible, mais voilà que, le dit père vient d’entamer une psychanalyse avec un certain Robert et qu’il se métamorphose.
Doriand souhaiterait simplement oublier ces changements perturbants et se concentrer sur Julie. Mais voilà que Julie n’est plus la même.
Arnaud Cathrine à propos de Moi je :
Un fils et un père vivent seuls sous le même toit. Le premier ne pense qu’à une chose : faire l’amour pour la première fois avec Julie alors que le second, envoûté par sa psychanalyse, n’a plus que ces mots à la bouche : Moi je… Moi je… Arnaud Cathrine excelle dans un roman décapant où l’autodérision interroge chacun d’entre nous.
Qui est ce personnage d’écrivain, père du narrateur ?
Une caricature de l’écrivain que je pourrais devenir. Dans le cas où je me mettrais à filer un mauvais coton. Heureusement, j’ai entrepris une psy qui devrait m’en préserver ! Dans le roman, les titres de livres de l’écrivain sont tous mes titres détournés.
Et Doriand, le jeune narrateur ?
C’est le fils imaginaire que je pourrais avoir si j’étais cet écrivain disjoncté. C’est un personnage qui regarde faire ma caricature. Tous les portraits sont réflexifs et renvoient les uns aux autres, dans une forme de dérision.
Et ce Moi je ? Est-ce un troisième personnage imaginé par le fils ?
Moi je est infréquentable, c’est évidemment un clin d’œil à la psychanalyse. C’est aussi l’ego très fort du père qui, jusqu’à présent, avait essayé de tout contrôler dans sa vie, puis c’est celui du fils qui crie et demande à vivre et surtout à coucher avec Julie.
Ce sera la première expérience sexuelle, heureuse et bien vécue, décrite dans un de mes livres. Doriand est obsédé par le fait de coucher avec Julie car, pour lui, c’est le seul moyen de savoir si elle l’aime ou pas, ça devient une idée fixe.
Dans sa peur de l’échec, le fils ressemble à son père ?
C’est ce qui rapproche le père et le fils. Doriand a peur d’échouer comme son père et d’être incapable de vivre une relation amoureuse épanouie. Il lui faudra couper un lien pour échapper à ce qui lui semble une fatalité. Je veux croire et écrire qu’il n’y a pas de déterminisme, qu’on peut s’inventer une famille en dehors des liens du sang. On n’est pas condamné à ressembler à ses parents, on ne serait pas le produit de nos ascendants. La psychanalyse aide à sortir aux forceps de sa famille, même si c’est douloureux, c’est souvent nécessaire.
Léo, le grand frère de P'tit Marcel, le héros de Tout contre Léo, est mort et enterré. Mort du sida depuis trois ans. Enterré sous une pierre décorée d'une colombe ridicule. Et, depuis, Marcel a l'impression que sa famille fait semblant de vivre.
Pourtant : « Tu vas les remuer, balancer de la vie plein la baraque. Tu vas les forcer à se bouger. Tu les laisseras pas s'abattre, hein ? » avait ordonné Léo en annonçant sa fin prochaine à P'tit Marcel.
Marcel se sent investi d'une mission, d'un destin. Il écrit des poèmes et des phrases définitives, comme « Ma vie de fils touche à sa fin.» Mais ce qu'il faut faire, concrètement, pour que le monde cesse d'être nul, il n'en a pas idée.
Et contre toute attente, c'est sa mère, qui la première, va obéir au voeu de Léo, à sa façon. À sa façon dévastatrice, enthousiasmante et capable de réveiller les passions de tous les siens.
Elles sont deux, elles ont le même âge, les mêmes yeux bleus pailletés d’or, et elles viennent d’apprendre qu’elles sont sœurs. Janig vit à Narbonne au milieu des vignes et s’ennuie dans son école de secrétaire. À des centaines de kilomètres de là , Macha étouffe dans son lycée militaire où elle est pensionnaire. Nous sommes en 1974, toutes deux rêvent de liberté. Alors, quand Marthe, leur grand-mère excentrique, les invite à venir se rencontrer au camp du Geai, la communauté hippie qu’elle a fondée aux monts d’Arrée, elles foncent. À pied, en train, en stop, en péniche, et même à cheval, chacune prend la route pour découvrir cette sœur tombée du ciel et aussi changer le cours de sa vie…
Un jour, il y a longtemps, les parents se sont mariés. Ils ont fait le serment de s’aimer toujours, de rester fidèles, de se prêter secours.
Aujourd’hui, rien ne va plus. Plus de rires ni de chatouilles entre eux, plus de danse, plus de feu dans l’âtre. À table, maman avale de travers. Papa prend des chemins de traverse. Elle se plaint. Il se tait.
Camille et son petit frère Matthieu s’en tirent comme ils peuvent. Elle rêve qu’elle vole comme un oiseau, s’évade dans son jardin chéri. Lui s’enferme dans de brusques colères, des crises de somnambulisme.
Ne t’en fais pas, a dit le père. Camille s’en fait. Du souci, du mouron, de l’inquiétude. Il faut qu’ils restent ensemble, et que personne ne sache ce qui les divise.
Ce pacte-là , ce sont les enfants qui l’ont scellé. Ils vont le respecter. Coûte que coûte.
La villa Mont-Noir, le domaine où Marguerite Yourcenar a passé son enfance, est devenue aujourd’hui un lieu de résidence pour les écrivains européens. Quel meilleur endroit aurait pu accueillir Gisèle Bienne et l’inspirer pour ce roman sur la douleur d’aimer des parents qui se déchirent et les liens sacrés de la fraternité ? Car un des personnages principaux du livre est un jardin frémissant, comme celui où elle s’est promenée au mois de mai, parmi les jacinthes et les biches.
Qui est Britannicus ? Un prince romain sacrifié au profit de son frère adoptif, un personnage de second plan chez Racine ? Une antiquité, en somme. Mais le connaît-on vraiment ?
Le voici dans toute sa jeunesse : un garçon de quatorze ans face au deuil de son père et ses souvenirs en charpie, aux prises avec ses rêves, ses désirs, et une admiration aveugle pour son frère Néron.
Une figure de l’adolescent éternel qui, tel un fantôme, s’affranchit des époques, des lieux, et revit avec nous.
À l’approche de Noël, Julia Fuchs pourrait avoir tout pour elle. Les profs l’adorent, c’est une bête en maths, en latin, en grec. Elle invente le monde avec sa petite soeur Judith. Et elle refait le monde avec Johana, sa meilleure amie, accro au téléphone et à la cigarette. Seulement, Julia apprend par Johana que Paulus est amoureux d’elle. Quoi, Paulus ? Le mec le plus canon de tout le lycée ? Julia ne peut pas le croire. Il faut dire que dans ce domaine elle manque d’assurance. Elle n’est pas très à l’aise avec son corps et, surtout, elle est une parfaite débutante. Elle en sait beaucoup moins long que Johana, qui s’y connaît en garçons. Moins long que sa mère, qui lui repasse le film d’elle quand elle avait son âge. Moins long que les autres filles de la classe, Coralie la pute ou Nadine-le-bonsens-près-de-chez-vous. Moins long même que Judith, qui, du haut de ses cinq ans, file le parfait amour avec Camel à la maternelle. Car, pour Julia, un seul être vous aime et tout est détraqué. Pourquoi Paulus copierait-il des poèmes d’Apollinaire pour la séduire ? Pourquoi l’appellerait-il ? Et si cet amour soudain n’était qu’une conspiration ?
À propos de Paulus, dont le premier tome a été écrit à la fin du XXe siècle, on me demande parfois : « Vous vous rendez compte que c’est un roman vintage : pas de portable, d’ordinateur, l’ère Mitterrand… etc ? », je réponds que les lecteurs ne semblent pas s’en rendre compte. Je crois en fait qu’ils s’en fichent. S’ils veulent des renseignements sur les nouvelles technologies, ils savent parfaitement où les trouver.
Nouk veut que la vie soit simple, que la vie soit pure, que la vie soit parfaite. La vie n'est rien de tout cela. Dans sa vie à elle, par exemple, son père lui dit qu'elle a perdu sa confiance. Définitivement. À cause d'une histoire d'argent de poche détourné, pour jouer, pour voir. Nouk cesse de manger. Elle ment. Elle devient folle. Les gens, partout, dans la rue, à l'hôpital, disent des horreurs sur elle. Elle les entend. Elle ne les oublie pas. Les horreurs résonnent dans sa tête. Et puis, un autre jour, plus tard, une femme vient s'asseoir à côté d'elle sur une falaise et lui fait cette confidence, lui tend cette bouée de sauvetage : moi aussi, j'ai été anorexique. J'ai guéri. Cette phrase-là , Nouk l'oublie.
Avant, ils étaient fiers et pleins d’énergie. Le rêve américain n’était peut-être pas pour eux, mais ils croyaient dur comme fer en leurs valeurs : la solidarité, le travail, l’espoir en l’avenir, la justice.
Billy a dix-sept ans. Hanté par le souvenir d’un chevreuil innocent tué au cours d’une chasse quand il était enfant, il essaie de tenir la baraque et de reprendre le flambeau. Sa sœur Hope, du haut de ses neuf ans, s’accroche follement aux apparitions de leur mère. Et leur père, Jim, se sent de plus en plus étranger aux sentiments qui animent ses anciens collègues et voisins. Depuis que Mary n’est plus là , ils doivent tenir bon, mais ils ne sont plus très sûrs. Que deviennent les rêves, face aux assauts répétés de la réalité ? Et comment faire pour ne pas se tromper de combat ?
Comme elles en ont l’habitude, Emma et sa sœur Sophie vont promener leur petit frère le long de la route, vers l’étang et la forêt. « On va voir les canards, lui disent-elles, on revient dans cinq minutes. » Mais à leur retour, elles ne trouvent qu’une poussette vide. Et une seule chaussure de leur frère. Où est-il passé ? Que s’est-il passé ? Les questions se bousculent dans la tête d’Emma. Mais les recherches, les appels à témoins, les invocations ne donnent rien. Les certitudes d’Emma se fissurent et le doute s’insinue en chacun : ses amies, ses parents, sa sœur. Comment se construire alors et traverser les jours, les mois, les années, au-delà de cette disparition ? Contre l’oubli, contre le silence et contre les soupçons, Emma fait tout pour préserver le dialogue avec celui qui n’est plus là , animée par l’espoir, fou peut-être, de le retrouver.
Syril et sa petite soeur Zoé ont longtemps espéré, attendu. Et puis c’est arrivé. Un juge a décidé de les mettre à l’abri de leurs parents et les a placés dans une famille d’accueil. Syril et Zoé vont passer l’automne chez les Mattie, un couple sans enfants qui vit dans une jolie maison en bordure de forêt. C’est un havre de paix pour faire peau neuve, un endroit doté d’un grand pouvoir de guérison. Pourtant, Zoé tarde à retrouver le sourire.
Même au paradis, certaines blessures demandent du temps pour cicatriser.
Ils ont souvent tout perdu, famille, travail, maison, raisons de vivre, ceux qui arpentent le hall de la gare de Lyon sans espérer partir nulle part. Ils ont tout perdu et ils n'attendent plus rien. Parmi eux, il y a la vieille, élégante dans sa misère, cheveux coiffés, habits bleus. Ses copains de galère, Max, Henri, Élie, Céline. Ses combines et ses confidences avec Yvonne, la dame pipi. Ses trouvailles quotidiennes dans les poubelles garnies par les gavs, les nantis, les inconscients. Sa boîte à sucre, boîte aux secrets, aux souvenirs de la vie d'avant. Une routine comme une autre. Jusqu'au jour où la vieille aperçoit une toute jeune fille sur un banc. Elle est différente. Fragile. Elle semble regarder quelque chose intensément, à l'intérieur d'elle-même. Puis elle se lève. Et la vieille reconnaît son pas. Un pas perdu.
Quand on s'appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kilos de muscles, voudrait tirer d'affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s'évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue la nuit sur son ordi et ne va plus en cours le matin, les trois sœurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, qui ne trouvent pas du tout passionnantes les aventures érotico-sentimentales de leurs parents fraîchement divorcés. Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Il vous attend au 12 rue des Murlins, sauf si vous préférez comme son fils Lazare, 8 ans, vous glisser derrière le rideau et assister aux séances sans rendez-vous. En fin d'ouvrage, retrouvez « Dix ans de thérapie avec Marie-Aude Murail », les coulisses de création de la série !















