Thème « relation enfant, adulte »
La première fois que Lucas Swain a rencontré Violet Park, elle était coincée sur une étagère, dans les locaux d’une compagnie de taxis. Pour être précis, ce n’est pas elle qu’il a repérée en premier, mais la boîte qui la contenait : Violet Park, réduite en cendres dans son urne funéraire, avait été oubliée à l’arrière d’un taxi et attendait depuis cinq ans que quelqu’un vienne la chercher. Lucas n’en savait pas plus, mais il avait calculé qu’elle était décédée l’année même où son père à lui avait disparu.
Lucas s’est alors dépêché d’emmener la vieille dame morte ailleurs, dans un endroit agréable. Puis il s’est aperçu que tout le monde semblait la connaître. Elle n’arrêtait pas de surgir de partout, comme pour attirer son attention, pour lui dire quelque chose qu’il n’arrivait pas à comprendre… Un secret ?
Un jour, Jeanne prend un cahier pour évoquer le vert paradis de son enfance et les mots doux qui l'ont bercée : Peste, Chieuse, Tête à claques, Insolente et Future Pétasse, sont les premiers qui lui viennent à l'esprit. Avant de découvrir que ses parents ne sont pas des monstres. Juste des névrosés ordinaires, lâches et ennuyeux. Pas si grave, pense Jeanne. Tout ce qu'elle leur demande, c'est de ne pas la forcer à être comme eux. Elle a mieux à faire : flâner, rêver, s'énerver, balader son insoumission printanière sous les nuages... Dans un monde angoissant, cacophonique et brutal, Jeanne cherche la douceur. Elle a déjà la certitude d'être un individu, une pièce unique et elle se sent lasse de passer pour le veau numéro 22 du troupeau 4B, deuxième rangée, septième case sur le bitume, en partant des toilettes du fond de la cour. En même temps, Jeanne n'a pas peur : elle garde au fond d'elle le souvenir d'une forêt profonde et elle sait que quelqu'un(e) l'attend quelque part.
« Julie, je t’aime, mais tu n’apprendras rien : j’ai dû te le dire 35 282 fois depuis qu’on s’est embrassés la première fois. Et je voudrais faire l’amour avec toi, j’ai tout le matériel. »
Après avoir jeté de nombreux brouillons, Doriand envoie enfin une lettre à Julie. Les jours qui viennent seront capitaux, essentiels, vitaux. Doriand se pose des dizaines de questions telles que : Julie va-t-elle répondre ? Julie pense-t-elle comme lui que le moment est venu ? Et surtout, Julie l’aime-t-elle profondément, passionnément, à la folie, ou tout simplement autant qu’il l’aime ?
C’est dans ce moment de réflexion particulièrement angoissant que le père de Doriand choisit de devenir infréquentable. Un père copain, écrivain et célibataire, c’était déjà pénible, mais voilà que, le dit père vient d’entamer une psychanalyse avec un certain Robert et qu’il se métamorphose.
Doriand souhaiterait simplement oublier ces changements perturbants et se concentrer sur Julie. Mais voilà que Julie n’est plus la même.
Arnaud Cathrine à propos de Moi je :
Un fils et un père vivent seuls sous le même toit. Le premier ne pense qu’à une chose : faire l’amour pour la première fois avec Julie alors que le second, envoûté par sa psychanalyse, n’a plus que ces mots à la bouche : Moi je… Moi je… Arnaud Cathrine excelle dans un roman décapant où l’autodérision interroge chacun d’entre nous.
Qui est ce personnage d’écrivain, père du narrateur ?
Une caricature de l’écrivain que je pourrais devenir. Dans le cas où je me mettrais à filer un mauvais coton. Heureusement, j’ai entrepris une psy qui devrait m’en préserver ! Dans le roman, les titres de livres de l’écrivain sont tous mes titres détournés.
Et Doriand, le jeune narrateur ?
C’est le fils imaginaire que je pourrais avoir si j’étais cet écrivain disjoncté. C’est un personnage qui regarde faire ma caricature. Tous les portraits sont réflexifs et renvoient les uns aux autres, dans une forme de dérision.
Et ce Moi je ? Est-ce un troisième personnage imaginé par le fils ?
Moi je est infréquentable, c’est évidemment un clin d’œil à la psychanalyse. C’est aussi l’ego très fort du père qui, jusqu’à présent, avait essayé de tout contrôler dans sa vie, puis c’est celui du fils qui crie et demande à vivre et surtout à coucher avec Julie.
Ce sera la première expérience sexuelle, heureuse et bien vécue, décrite dans un de mes livres. Doriand est obsédé par le fait de coucher avec Julie car, pour lui, c’est le seul moyen de savoir si elle l’aime ou pas, ça devient une idée fixe.
Dans sa peur de l’échec, le fils ressemble à son père ?
C’est ce qui rapproche le père et le fils. Doriand a peur d’échouer comme son père et d’être incapable de vivre une relation amoureuse épanouie. Il lui faudra couper un lien pour échapper à ce qui lui semble une fatalité. Je veux croire et écrire qu’il n’y a pas de déterminisme, qu’on peut s’inventer une famille en dehors des liens du sang. On n’est pas condamné à ressembler à ses parents, on ne serait pas le produit de nos ascendants. La psychanalyse aide à sortir aux forceps de sa famille, même si c’est douloureux, c’est souvent nécessaire.
Un jour, il y a longtemps, les parents se sont mariés. Ils ont fait le serment de s’aimer toujours, de rester fidèles, de se prêter secours.
Aujourd’hui, rien ne va plus. Plus de rires ni de chatouilles entre eux, plus de danse, plus de feu dans l’âtre. À table, maman avale de travers. Papa prend des chemins de traverse. Elle se plaint. Il se tait.
Camille et son petit frère Matthieu s’en tirent comme ils peuvent. Elle rêve qu’elle vole comme un oiseau, s’évade dans son jardin chéri. Lui s’enferme dans de brusques colères, des crises de somnambulisme.
Ne t’en fais pas, a dit le père. Camille s’en fait. Du souci, du mouron, de l’inquiétude. Il faut qu’ils restent ensemble, et que personne ne sache ce qui les divise.
Ce pacte-là, ce sont les enfants qui l’ont scellé. Ils vont le respecter. Coûte que coûte.
La villa Mont-Noir, le domaine où Marguerite Yourcenar a passé son enfance, est devenue aujourd’hui un lieu de résidence pour les écrivains européens. Quel meilleur endroit aurait pu accueillir Gisèle Bienne et l’inspirer pour ce roman sur la douleur d’aimer des parents qui se déchirent et les liens sacrés de la fraternité ? Car un des personnages principaux du livre est un jardin frémissant, comme celui où elle s’est promenée au mois de mai, parmi les jacinthes et les biches.
À l’approche de Noël, Julia Fuchs pourrait avoir tout pour elle. Les profs l’adorent, c’est une bête en maths, en latin, en grec. Elle invente le monde avec sa petite soeur Judith. Et elle refait le monde avec Johana, sa meilleure amie, accro au téléphone et à la cigarette. Seulement, Julia apprend par Johana que Paulus est amoureux d’elle. Quoi, Paulus ? Le mec le plus canon de tout le lycée ? Julia ne peut pas le croire. Il faut dire que dans ce domaine elle manque d’assurance. Elle n’est pas très à l’aise avec son corps et, surtout, elle est une parfaite débutante. Elle en sait beaucoup moins long que Johana, qui s’y connaît en garçons. Moins long que sa mère, qui lui repasse le film d’elle quand elle avait son âge. Moins long que les autres filles de la classe, Coralie la pute ou Nadine-le-bonsens-près-de-chez-vous. Moins long même que Judith, qui, du haut de ses cinq ans, file le parfait amour avec Camel à la maternelle. Car, pour Julia, un seul être vous aime et tout est détraqué. Pourquoi Paulus copierait-il des poèmes d’Apollinaire pour la séduire ? Pourquoi l’appellerait-il ? Et si cet amour soudain n’était qu’une conspiration ?
À propos de Paulus, dont le premier tome a été écrit à la fin du XXe siècle, on me demande parfois : « Vous vous rendez compte que c’est un roman vintage : pas de portable, d’ordinateur, l’ère Mitterrand… etc ? », je réponds que les lecteurs ne semblent pas s’en rendre compte. Je crois en fait qu’ils s’en fichent. S’ils veulent des renseignements sur les nouvelles technologies, ils savent parfaitement où les trouver.
Pour Antoine et ses amis, l'été qui commence sépare les années lycée de l'entrée à l'université. Si tous (Mehdi, Hannah, Alice) savent déjà ce qu'ils vont faire, ce n'est pas son cas. En pleine incertitude, y compris familiale — car sa mère a un nouveau compagnon qui ne lui plaît guère —, Antoine broie du noir depuis qu'Hannah et lui ont rompu. Faute de mieux, entre deux fêtes trop arrosées, il se console dans les bras d'une jolie blonde et accepte un petit boulot dans une maison de retraite.
Mais le temps presse, et il faudra bien qu'il décide ce qu'il veut faire de sa vie, avec ou sans Hannah.
La police du pays entier est mobilisée depuis dix jours. Un petit garçon de 10 ans a disparu. La dernière fois qu’il a été aperçu, il était en compagnie d’une quasi-inconnue, une certaine Edmée. Son père, directeur de l’Observatoire de Paris, qui l’élève seul, l’avait confié à l’improviste, un soir de désarroi, à cette opticienne-astronome venue régler certaines lentilles délicates. Elle lui inspirait confiance. Depuis, l’enfant la revoyait de temps en temps.
Edmée est spéciale, elle est bizarre, témoignent ses collègues. Méticuleuse mais silencieuse. Secrète. On l’a vue subtiliser des clichés d’étoiles et de météorites. Elle a été licenciée depuis. Qui est-elle vraiment ? Une illuminée ? Une vulgaire kidnappeuse ? Une espionne ? Ou fait-elle partie de ces êtres qui traversent la vie des autres, comme des comètes, pour leur permettre d’accomplir une tâche, un destin, des retrouvailles ?
Alors que Lina connaît des jours sombres dans un orphelinat, sa rencontre avec Rita, prétendue sorcière, va transformer son existence. Rita a un secret. Un grand. Lorsque des villageois l'enferment dans un cachot, la terre se met à trembler. Privé de l'apaisante musique de Rita, le monstre qui vit sous la colline est en train de se réveiller…







