Thème « immigration, migration »
Avec ses parents, Maryam doit quitter le pays où elle est née. Elle va devoir dire au revoir à ses poupées. Apprendre à jongler avec la langue d’ici et la langue de là-bas. Manger des plats qu’elle n’a jamais goûtés. Découvrir un monde où elle sera une inconnue. Un monde où il faut tout recommencer. Jusqu’à ce que quelqu’un lui demande : « Comment tu t’appelles ? »
Loin de sa grand-mère, Maryam se sent seule. Elle voudrait pouvoir jouer, rire, et partager ses histoires avec elle. Elle pense à sa grand-mère le jour comme la nuit, et quelquefois elle lui parle au téléphone, mais ce n’est pas pareil. Puis Maryam rencontre Zahra. Elle vient du même pays, elle est drôle et sait faire plein d’imitations. Avec une amie, la vie a une tout autre saveur…
« Mon nom est Shadé. Ma mère est née au Sénégal, mon père au Mali. Moi ? je suis née à Paris. Quartier de la Chapelle. » Shadé doit garder ses petits frères, Kofi, Koao et Kakou qui cassent tout. Devant leur mère, ils ont l'air d'anges; en vérité ils sont infernaux. Alors Shadé les laisse à Akomba sa soeur, en échange d'un exercice de maths qu'elle lui fera, et elle part se balader. C'est bientôt Noël, les rues sont pleines de gens et d'aventures.
Février 1965. Lili a quitté la Tunisie. Elle vit à Paris avec sa mère et ses deux frères, rue de la Goutte d'or. Admise en sixième au lycée Jules Ferry, elle essaie de comprendre la France. Pourquoi les filles françaises comme Irène et Laetitia ont-elles des journaux intimes ? Est-ce vrai que les Français mangent des grenouilles et des escargots ? Et des crapauds ? Pourquoi à la chorale faut-il chanter « Ils vont les petits canards » ? Est-ce qu'Irène qui porte des chaussettes à pompons l'invitera à sa fête ?
Lili invente des histoires extraordinaires pour se rapprocher d'Irène et de Laetitia. Ca lui coûtera cher. Heureusement, il y a Luisa.
Lili ne peut pas aller en colo avec ses frères. Elle passera ses vacances à Saint Denis chez tata Denise, l'oncle Jo, et ses sept cousins. C'est une grande famille qui fait beaucoup de bruit. Mais l'oncle Jo est silencieux et il passe ses journées à regarder par la fenêtre un terrain vague. « Ma pauvre Denise », disent les voisines. « Dieu nous protège », répond tata Denise. Un jour, l'oncle Jo disparaît. Lili attend son retour et voit sur le terrain vague une porte qui avance toute seule.
Alors qu’elle est devant chez elle, tranquillement assise sur un banc avec sa poupée, Iris se voit dérangée par l’arrivée d’une inconnue avec une valise. Pas de doute, c’est une étrange ! Elle doit partir, il n’y a pas de place pour elle ici ! Mais Assia ne fait que cela, partir et avancer. Elle voudrait juste pouvoir trouver un endroit où se reposer. Comment faire pour qu’Iris le comprenne ?
Assia — Qu’est-ce que j’ai d’étrange ?
Iris — Tout. Fais pas l’innocente.
Assia — Qu’est-ce que j’ai d’étrange ?
Iris — Tu as que je ne te connais pas.
Assia — Moi non plus je ne te connais pas.
Iris — Moi je suis chez moi. Toi...
Assia — Moi pas.
Iris — Alors t’as rien à faire ici. T’es pas invitée.
Les parents d’Ilinca ont quitté Bucarest pour la France. Ils ont beau lui assurer que c’est seulement pour quelques mois, Ilinca trouve le temps long. Selon elle, ça ne vaut pas la peine de quitter ceux qu’on aime pour aller faire tourner des cabinets médicaux en Normandie. Ni de gâcher le présent en espérant un meilleur avenir. À l’approche de Noël, c’est de plus en plus difficile.
En l’absence des parents, on fait front dans la rue Zambila. Ilinca et sa petite soeur Zoe sont prises en charge par leurs grands-parents. Lorsque le professeur de roumain propose de participer à un concours d’arts plastiques, Ilinca s’associe à Florin, un élève rom de sa classe. Il écrira des poèmes, elle fera des photographies. Pour Ilinca, la photographie est le meilleur moyen de lutter contre les clichés, et de voir, enfin, ce qui se cache derrière les certitudes.






