Thème « Histoire »
Nous sommes en France, sous la Restauration : période historique de faible lueur, après les feux d’artifice de l’Empire. Privée d’héroïsme et de gloire militaire, une génération de garçons qui les avait rêvés se rabat sur la débauche ou sombre dans le chagrin. C’est le fameux « mal du siècle », dont souffre précisément Octave, le héros de cette Confession. Il faut dire que le jeune homme n’est pas très doué pour le bonheur. Mal remis d’une déconvenue sentimentale, il en garde une misogynie quasi maladive ; et ce défaut, amplifié par son idéalisme, le rend presque invivable. Transposée de la liaison tumultueuse que vécut Alfred de Musset avec George Sand, la passion d’Octave de T*** pour la jolie Brigitte Pierson mènera les deux amants au drame et jusqu’au risque de mourir d’amour. « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux », proclama Musset dans l’un de ses poèmes. Ce livre nous le confirme, en prose, avec l’éclat du génie.
La Cousine Bette… Voilà un titre qui ne paie pas de mine. Qu’on ne s’y trompe pas. Cette histoire est peut-être le roman de Balzac le plus trépidant, le plus palpitant, le mieux fait enfin pour tenir en haleine. Ce thriller familial, dans lequel une vieille fille pauvre, laide, rancunière et aigrie œuvre méthodiquement, par pure envie, à la destruction de ses proches, fut immédiatement un triomphe, du reste.
Comment se fait-il que ce roman d’une noirceur extrême, où triomphent les passions morbides (l’obsession érotique du baron Hulot, la jalousie maladive de Lisbeth, voire l’aveuglement amoureux d’Adeline), laisse une impression de lecture si tonique, si exaltante, même ? Cela tient sans doute au rythme que Balzac a imposé à l’intrigue, à des dialogues nombreux, à des parties narratives riches en coups de théâtre, mais aussi à l’humour décapant qui accompagne de bout en bout la violence psychologique.
Balzac a jeté dans cette histoire les dernières forces d’un génie qui devait bientôt s’éteindre, épuisé par sa titanesque entreprise romanesque, et cette énergie s’exprime à chaque page.
Christophe Colomb se considérait d'abord comme un missionnaire, un croisé. Son ambition: répandre la parole divine et amasser suffisamment d'or pour financer la reconquête de la Terre sainte. Dès le début des années 1480, il a l'idée d'atteindre les " Indes " par l'ouest, en traversant l'Atlantique. Cette erreur, on le sait, le mettra en présence des "Indiens" d'Amérique, et non du Grand Khan, empereur de Chine... Pour la comprendre, il faut se rappeler que, en cette fin de Moyen Âge, le monde est conçu comme un bloc de trois continents - l'Europe, l'Afrique et l'Asie - cernant la Méditerranée et entouré par une seule et unique mer. Colomb estime que, après une traversée de quelques jours, il abordera ces contrées décrites par Marco Polo, où abondent l'or et les épices... Le 3 août 1492, ayant obtenu le mandat des souverains d'Espagne, il part avec deux caravelles, la Pinta et la Nina, et une nef, la Santa Maria: ce sera le premier de quatre longs voyages...
Comme tous les chefs-d’oeuvre de la littérature, La Divine comédie est un livre que l’on cite souvent, mais que l’on croit pouvoir se dispenser de lire. Ce qui est infiniment regrettable. Car ce poème de sept cents ans, ce long poème de plus de quatorze mille vers, écrit en italien populaire, est tout à la fois un chant d’amour, une méditation spirituelle, un récit de voyage fantastique et une exploration de l’au-delà qui prend des allures allégoriques de plongée dans des mondes surnaturels. Le rêve devient cauchemar quand apparaissent des animaux fabuleux, des géants, des fées ou des monstres...
La Divine Comédie appartient désormais au patrimoine universel. Le monument qu’est devenue l’oeuvre est si imposant qu’on hésite à y pénétrer. Il n’est pas inutile alors d’entrouvrir une porte modeste, celle d’une édition abrégée. C’est par ce moyen qu’on peut rendre familier un « classique » dont on verra qu’il a toujours quelque chose à nous dire.
« Dante peuplait l’Enfer de ses haines et le Paradis de ses amours, écrit Alexandre Dumas. La Divine Comédie est l’oeuvre de la vengeance. Dante tailla sa plume avec son épée. »
Rachel Cohen s’appelle désormais Catherine Colin. Elle doit oublier son ancien nom et celui de ses parents. Mais aussi sa vie d’avant, quand il n’y avait pas la guerre et que les Juifs ne devaient pas se cacher. Et puis il faut partir. Dans sa fuite, Catherine emporte son Rolleiflex et des films. Pour tenir, pour résister, elle fait des photos.
« Je sors mon appareil et prends une photo d’Hélène, au moment où elle me fait un signe de main. Je devine que j’ai saisi chez ma compagne de route un mouvement infime, entre tristesse pesante et force que donne la nécessité d’agir. Ce simple geste de femme qui soulève sa valise est la première image qui me restera de mon long périple dans la guerre. »
Julia Billet à propos de son livre : « Cette histoire s’inspire donc de faits du réel, de personnages ayant existé et à qui je souhaite rendre hommage. […] mais La Guerre de Catherine reste avant tout un roman, un roman qui s’inscrit dans une période de l’histoire et vient rappeler que, même quand les loups hurlent à la mort, des femmes et des hommes savent rester fidèles à leur humanité. »
La Guerre de Catherine a été adapté en BD chez Rue de Sèvres.
Après la conquête des Gaules, César doit justifier sa politique extérieure aux yeux de ceux qui, à Rome, l'accusent d'avoir livré bataille à des peuples inoffensifs à seule fin d'étancher sa soif de gloire. Avant de se porter candidat à un second consulat, il doit s'expliquer et couper court aux médisances et aux intrigues. Tel est le dessein de sa Guerre des Gaules : faire connaître à l'opinion romaine les glorieux épisodes d'une non moins glorieuse conquête.
« À son arrivée, César fut reconnu à la couleur de son vêtement de bataille, et les Gaulois qui, de la hauteur, le voyaient venir avec la cavalerie et les cohortes dont il s'était fait suivre, commencèrent l'attaque. Une grande clameur s'élève des deux côtés et se répète dans tous les ouvrages. Nos soldats ayant lancé leurs javelots, mettent l'épée à la main ; en même temps notre cavalerie apparaît derrière l'ennemi, qui voit d'autres cohortes approcher encore. Alors ils lâchent pied, s'enfuient et vont tomber dans notre cavalerie qui en fait un grand carnage. Sédulius, général et premier citoyen des Lémovices, est tué ; Vercassivellaune, l'Arverne, est fait prisonnier alors qu'il fuyait ; soixante-quatorze enseignes sont prises et portées à César. De ce grand nombre d'ennemis il y en eut bien peu qui rentrèrent dans leur camp. Ceux de la place forte, qui virent le massacre et la fuite de l'armée de secours, perdirent toute espérance et rappelèrent leurs troupes qui attaquaient nos ouvrages. À cette nouvelle, les Gaulois qui étaient dans le camp, l'abandonnèrent à la hâte. Si nos troupes n'avaient pas été harassées par les continuels mouvements et les combats de cette journée, elles auraient pu détruire la totalité de cette armée gauloise. Vers minuit, notre cavalerie fut envoyée à leur poursuite ; elle atteignit leur arrière-garde et en tua ou fit prisonniers un grand nombre ; les autres se sauvèrent dans leurs cités. »
Dans une collection qui se propose de rendre accessibles aux jeunes lecteurs de grandes oeuvres littéraires, voici une traduction révisée de « La Guerre des Gaules », abrégée de manière à laisser intacts le fil du récit, le style et le rythme de l'auteur. Une chronologie de la vie de César et de ses campagnes, un glossaire, une carte des tribus gauloises et de la marche des armées romaines viennent compléter le texte.
S’il y a un élève du collège que Mme Baker, la prof d’anglais, ne peut pas voir en peinture, c’est bien lui, Holling Hoodhood. Chaque mercredi, alors que la moitié de la classe de cinquième est dispensée de cours pour se rendre à la synagogue, et que l’autre moitié va au cathéchisme à l’église de la paroisse, Holling Hoodhood, qui n’est ni juif ni catholique, est le seul et unique élève à rester en cours avec Mme Baker. Elle le lui fait payer. Cela fait plusieurs mercredis qu’il nettoie les tableaux, dépoussière les effaceurs, retire les toiles d’araignée, décrasse les fenêtres. Et voilà que Mme Baker s’est mis en tête de lui faire lire du Shakespeare ! Encore un stratagème pour le faire périr d’ennui.
Pendant que Holling Hoodhood découvre La tempête et s’aperçoit que Mme Baker est moins mauvaise qu’elle n’en a l’air, l’histoire des États-Unis suit son cours. Robert Kennedy se porte candidat à la présidence, la lutte pour les droits civiques prend de l’ampleur, la guerre du Vietnam fait rage… Nous sommes en 1968, et l’Amérique s’apprête à vivre l’une des années les plus violentes de son histoire.
Ivre des plaisirs de la chasse et de la guerre, malade du goût de tuer, devenu étranger à lui-même, Julien accomplira les sinistres prédictions qui l'accompagnent depuis le berceau et selon lesquelles, au terme du massacre et comme apothéose au carnage, il doit commettre l'irréparable, le crime absolument sans rémission. Et pourtant le pardon lui sera accordé. L'homme qui le lui donnera n'en est plus un. C'est un monstre au nez rongé, aux yeux de braise, aux bras qui « disparaissent sous des plaques de pustules écailleuses ». Mais sous l'horreur de la lèpre, quel pouvoir surnaturel possède t-il ?
La Légende de saint Julien l'Hospitalier, récit fantastique qui débute comme un conte de Grimm et finit en nouvelle d'Edgar Allan Poe, nous fait passer de la fable de catéchisme à la vision de l'insoutenable en révélant à plein ce qui fut la « manière » de Flaubert, mélange d'érudition historique, d'imagination flamboyante et de la vérité crue du fait divers.
Cette oeuvre vient clore le cycle qui s’ouvre avec Le Roman de Merlin et se prolonge avec La Quête du Graal, au cours de laquelle se sont illustrés les chevaliers de la Table Ronde. Avec le temps, l’esprit chevaleresque et la solidarité ont fait place aux rivalités et aux jalousies : Arthur apprend par une dénonciation la liaison de Guenièvre et Lancelot. Sauvée par son amant, la reine échappe au bûcher, mais Lancelot tue au passage les frères de Gauvain, son ami de toujours, qui le poursuit désormais de sa haine. Trahi par la reine, trahi par son champion, Arthur l’est aussi par Mordred, à qui il a imprudemment
confié son royaume…
Un jeune homme veut mourir. Il entre par hasard chez un antiquaire et ce dernier lui fait cadeau d'une peau de chagrin couverte de signes mystérieux. Attention, la peau réalise tous les désirs, mais la réalisation de chacun d'eux la fait se rétrécir et raccourcit d'autant la vie de son possesseur. Ce jeune homme va être comblé de richesses et d'amour, seulement, il prendra peur de tous ses désirs et sera incapable de supporter le destin qu'il a choisi en acceptant le terrible talisman...
« La peau de chagrin » est l'un des plus célèbres romans de Balzac : il a passionné tous les âges et tous les publics.
La vie était douce, en Calabre, pour ces trois enfants, Giovanni, Curzio et Paola. On buvait aux fontaines, on croquait des tomates, on chantait à tue-tête. Mais une sombre histoire de vendetta laisse leur père, forgeron, sans travail. La famille décide de s’expatrier.
Nous sommes en 1879, et le pays qui fait rêver la mère, très pieuse, c’est l’Amérique, à cause de la ville de San Francisco qui porte le nom de son saint préféré. Après la traversée de l’Atlantique, une autre traversée les attend donc, pour arriver à la côte Ouest. Des terres hostiles, des pistes mal tracées, des humains agressifs, armés jusqu’aux dents, des bêtes enragées, la peur, la faim, la soif… Les épreuves transforment, de jour en jour, la mère joviale et optimiste. Elle perd l’esprit. Les trois petits croyaient avoir tout vu de la noirceur du monde jusqu’à ce matin où ils doivent se rendre à l’évidence : leurs parents ont disparu…
1878. Les jeunes soeurs Eleanor et Eliza Morwood débarquent à Londres, pour prendre part à la Season. Entre bals et réceptions, palais et duchesses, cette saison mondaine est l’événement à ne pas rater. Chaperonnées par leur tante qui doit veiller sur elles, Eleanor et Eliza font la connaissance d’un journaliste français, d’un riche héritier au nom long comme un trombone à coulisse. Mais tout n’est pas que valse, jeux de cartes et petits gâteaux : à la même période, les journaux évoquent de mystérieuses disparitions d’enfants dans plusieurs villes d’Europe. Et si Londres était la prochaine sur la liste ?
Oh, la belle vie ! À dix-neuf ans, Eleanor Morwood se prépare à célébrer son union avec lord Newton-Russell, un riche héritier promis à une brillante carrière militaire. Sa sœur Eliza, elle, rêve toujours de liberté, d'aventures et de mathématiques, et assouvit sa soif de savoir sur les bancs de l'université. Toutes deux jouent à merveille leur rôle de marraines pour les jeunes pensionnaires de Thirteen Mansion, témoins d'un sinistre passé. Mais une ombre plane à nouveau sur l'Europe, de Paris à Londres, de Roumanie jusqu'en mer d'Irlande. Les fantômes du souvenir frappent à la porte et la vie des deux sœurs est éprouvée par un dramatique événement. Reconstituée en hâte, l'équipe de la précédente saison saura-t-elle se montrer à la hauteur ? Où les disparus referont-ils surface ?
Un homme est mort à la Filature, devant sa machine, le bras arraché, la mâchoire fracassée. Accident du travail ? Règlement de comptes ? Rivalité amoureuse ?
Personne n’est capable de le dire. C’est tout juste si la direction de l’usine autorise ses camarades à prononcer son prénom. Son nom, il n’en est pas question.
Autour du cadavre d’Axel T., 24 ans, les intérêts et les convictions s’affrontent. Dans le camp des ouvriers, on pressent la vérité. Le patron veut imposer la sienne.
L’inspecteur du travail Mickiewicz s’acharne à la débusquer. Opiniâtrement. Aidé par Justin, un jeune mécanicien idéaliste. Autour de l’usine, la Grande Guerre se profile, le vieux monde s’inquiète.Des hommes vont disparaître, mais c’est aussi le XIXe siècle, le travail des enfants et quelques injustices qui sont appelés à mourir…
En 1973, lors de la grande lutte des employés Lip à Besançon, bien qu’enceinte et enrhumée, Élisabeth Motsch était là , pour filmer des ouvrières, dont le tonus, la clairvoyance et la joie de vivre l’ont fait rêver. En 2007, en résidence d’auteur en Picardie, elle a découvert les vestiges de brique d’une immense activité industrielle, écouté des récits chaleureux, dramatiques, vivants, et un roman s’est écrit peu à peu, puis une pièce en a été tirée.
Rachel est en route, sac au dos. Elle est petite, seule, mais elle a confiance, marchant vers le sommet de la montagne, là où l’ont appelée les signes et les apparitions qu’elle nomme ses « Magies », rares mais inoubliables : des fleurs en lévitation, des myriades d’oiseaux silencieux, un chevalier surgi du passé. Aujourd’hui, elle veut redoubler d’efforts, par gratitude, par curiosité. Jusqu’à présent, Rachel n’a croisé sur sa route que des adultes obtus, un monde malade, obsédé par l’argent et les fausses valeurs.
Il y a pourtant quelqu’un qui pourrait la comprendre, mais elle ne le connaît pas. C’est Abdelhamid, un vieil Algérien, un ancien harki. Il a tout perdu : sa famille, massacrée ; ses illusions, piétinées. Toute foi l’a quitté, il y a cinquante ans. Il lui semble depuis vivre sur la Terre de l’Impiété. Abdelhamid passe des journées mutiques en compagnie de son seul ami, son ancien lieutenant. Il observe la montagne à la jumelle.
L’homme et l’enfant, sans le savoir, ont rendez-vous.
Dans la nuit tropicale, un jeune garçon s’enfuit. Il s’appelle Edmond, mais n’a pas de nom de famille. C’est un garçon étrange, passionné, d’une intelligence hors du commun. Il n’a jamais appris à lire, pourtant il connaît le grec ancien. Il n’est jamais allé à l’école, mais ses connaissances en botanique égalent celles des meilleurs savants. Edmond est noir, il est né esclave. Il est orphelin, mais n’a pas connu le même sort que ses parents. À sa naissance, un homme blanc l’a pris sous sa protection, l’a aimé, l’a presque adopté. Et cet homme, ce soir, vient de le trahir. Dans sa fuite, Edmond emporte deux secrets. Le premier est un secret terrible, qu’il ne peut révéler à personne. Le second est au contraire un secret miraculeux, une découverte extraordinaire qu’il a faite lui-même, et qui peut changer le destin de son île. Mais qui croira la parole d’un enfant noir, en 1841 ?
Ce livre raconte une histoire vraie. Elle se passe sur l’île de la Réunion, alors appelée île Bourbon, à l’époque où, malgré la Déclaration des droits de l’homme, les mains coupées des esclaves ornaient encore les couloirs des maisons des maîtres, à l’époque où tout un peuple vivait et mourait dans les champs de canne à sucre.















