Thème « géographie »
Ils sont quatre, les Dupin : Anna, Isidore, Marceau, Olympia. Une romancière, un peintre, un poète, une actrice. Nés dans un coin reculé du Berry puis jetés sur le pavé parisien, comment ont-ils échappé à la misère, à la maladie et aux balles des fusils ? Pour arracher une seule réussite, combien d'amitiés trahies, de manuscrits refusés, de tableaux vendus pour une bouchée de pain, de poèmes cent fois raturés ? Combien d'hommes puissants sur leur chemin, prêts à séduire ou détruire ? « À nous la vie d'artiste ! » est le cri du cœur des jeunes Dupin, et c'est aussi le cri de ralliement de toute la génération romantique, celle qui connut la bohème et les barricades, qui voulut la gloire et la liberté, et que vous allez aimer à travers les lettres de Francœur.
Dans un petit atelier aux volets clos, six garçons s’installent pour la nuit. Ils ne se parlent presque pas. Ils n’osent pas. Ils ne connaissent même pas les prénoms les uns des autres, le patron l’interdit. Ils savent seulement qu’ils doivent se coucher tôt, et se mettre au travail avant l’arrivée du patron. Sinon, ils recevront des coups et seront privés de nourriture.
Gopal est le dernier arrivé, et apparemment le seul qui songe à s’échapper. Sa famille a récemment quitté son village pour venir à Bombay dans l’espoir d’une vie meilleure. Ses parents ignorent qu’il a été enlevé et enfermé ici.
Dans cette prison, le silence qui règne entre les garçons et le climat de délation entretenu par leur geôlier sont pires que les barreaux aux fenêtres. Gopal ne sait s’il parviendra à les briser. Mais si une solution existe, elle ne peut être que dans sa tête.
Après avoir abordé la condition des veuves en Inde dans Un sari couleur de boue, Kashmira Sheth, auteure indienne installée aux États-Unis, dénonce le travail des enfants. Des millions d’enfants « sans noms » car privés de leur identité en même temps que de leur enfance.
« De grandes espérances est tout à la fois une histoire d’amour et un thriller, une comédie sociale et un roman populaire. On y trouve tous les ingrédients qu’on associe au nom de Dickens : un petit orphelin martyrisé, une mystérieuse fortune ou un homme de loi tortueux, mais aussi, plus insolite, un narrateur, Philip Pirrip, dit Pip, antihéros à l’humour acidulé, et qui peine à grandir tout au long de cette éducation sentimentale à l’anglaise.
Mon travail d’adaptatrice a été celui que je faisais quand je lisais Dickens à voix haute à mes enfants, et que Dickens pratiquait lui-même sur ses oeuvres quand il devait les lire en public. J’ai ôté au récit ses longueurs et ses redondances, j’ai donné aux personnages et aux phrases même cette netteté qui fait que les choses vous sautent aux yeux, que ce soit la terrifiante rencontre du petit Pip avec le forçat évadé au milieu des tombes du marais ou l’apparition spectrale de Miss Havisham, la fiancée trahie qui n’a plus jamais quitté sa robe de mariée. J’ai souhaité que De grandes espérances soit illustré comme l’étaient tous les romans de Dickens à leur parution. Les aquarelles de Philippe Dumas seront pour le lecteur autant de fenêtres ouvertes sur ce monde contrasté qui envoûta mon imagination quand j’avais seize ans, la Merry England des tavernes, des braves gens et des cottages fleuris, et l’Angleterre crépusculaire des écluses noyées sous la pluie et des bas-fonds de Londres à l’ombre du gibet d’Old Bailey.»
Marie-Aude Murail
Morgan’s Moore, au nord de l’Angleterre. Ses villageois, ses notables, son unique auberge et ses crimes épouvantables… Un crime non élucidé reste à ce point mystérieux que Scotland Yard a dépêché sur place le superintendant Tanyblwch et son jeune adjoint, Pitchum Daybright, tout juste diplômé de la Royal School of Studies in Criminology. Ce dernier voit d’un mauvais œil les interventions de Flannery, la fille des aubergistes, qui est convaincue de pouvoir les aider dans leur enquête. Non seulement, Miss-Je-sais-Tout-sur-Tout a la langue bien pendue, mais elle a le chic pour lui faire monter le rouge aux joues. Il faut dire que la demoiselle est une peste fort charmante…
Heathcliff, enfant trouvé, a grandi en valet de ferme dans une famille de la campagne anglaise. Il éprouve un fort penchant pour Catherine, la fille de la maison. Celle-ci n’est pas insensible à son charme, mais choisit, le moment venu, d’épouser plutôt un garçon « de son rang », et riche par surcroît. Histoire banale. Seulement voilà : elle se déroule à une époque où la sévérité des moeurs se conjugue à la résistance des hiérarchies sociales pour exacerber la révolte de l’amoureux déçu. L’affaire tourne au drame, avec des conséquences terribles. Obsédé par un sentiment d’injustice et par son besoin de revanche, Heathcliff, nature violente, démontre une brutalité de réaction dont la charge explosive va produire autour de lui les effets meurtriers d’une bombe à fragmentation. Le tableau des ravages accomplis – désolant champ de ruines – nous est brossé par une jeune romancière qui mourra à vingt-neuf ans sans être, pour ainsi dire, jamais sortie de chez elle. D’où Emily Brontë tenait-elle sa science du désastre ? C’est l’un de ces mystères biographiques qui font le charme de la littérature.
Heathcliff, enfant trouvé, a grandi en valet de ferme dans une famille de la campagne anglaise. Il éprouve un fort penchant pour Catherine, la fille de la maison. Celle-ci n’est pas insensible à son charme, mais choisit, le moment venu, d’épouser plutôt un garçon « de son rang », et riche par surcroît. Histoire banale. Seulement voilà : elle se déroule à une époque où la sévérité des moeurs se conjugue à la résistance des hiérarchies sociales pour exacerber la révolte de l’amoureux déçu. L’affaire tourne au drame, avec des conséquences terribles. Obsédé par un sentiment d’injustice et par son besoin de revanche, Heathcliff, nature violente, démontre une brutalité de réaction dont la charge explosive va produire autour de lui les effets meurtriers d’une bombe à fragmentation.
Le tableau des ravages accomplis – désolant champ de ruines – nous est brossé par une jeune romancière qui mourra à vingt-neuf ans sans être, pour ainsi dire, jamais sortie de chez elle. D’où Emily Brontë tenait-elle sa science du désastre ? C’est l’un de ces mystères biographiques qui font le charme de la littérature.
La lecture des Hauts de Hurle-Vent figure au programme des classes de quatrième.
Le bon roi Henri, célèbre pour son panache, sa moustache et sa poule au pot, était d'abord un fin stratège et un homme politique remarquable. Petit prince élevé à la dure, il se nourrissait de pain, de fromage et d'ail, aimant par dessus tout traîner dans les fourrés avec les enfants des métayers. Futur roi de Navarre, rien ne le destinait à la couronne de France, si ce n'est un coup de pouce du destin et l'extinction de la lignée mâle des Valois, ses cousins. Une fois devenu roi de France, il lui fallait encore devenir roi de tous les Français et choisir le catholicisme pour être accepté. Il n'en était pas à sa première conversion. Enfin, Henri IV avait si fort le goût de la paix qu'il parvint à se hisser au dessus des partis et des guerres pour offrir à tous la liberté de choisir entre le culte et la messe. Loin de la légende dorée du bon roi Henri, ce livre vous fera découvrir l'homme d'État qui mit fin aux guerres de Religion en France.
Quelle est l'origine des hiéroglyphes ? Comment leur secret fut-il un jour percé ? Quelle signification particulière les Égyptiens de l'Antiquité attribuaient-ils à l'écriture ? Comment se déroulait l'apprentissage des scribes ?
Un livre simple pour s'initier aux mystères des hiéroglyphes et s'amuser à les transcrire soi-même.
Saviez-vous que les huîtres sont vivantes quand on les mange ? Connaissez-vous les horreurs de l'hôpital ? Qui du loup ou du chasseur est le plus carnassier ? Peut-on être lâche au point de laisser une pauvre femme se perdre dans la nuit d'hiver ? Vous êtes-vous demandé quelle détresse accable le vieux comédien abandonné dans son théâtre désert ? Et si vous trouviez un cercueil dans votre chambre ?
Toutes ces questions ont leurs réponses dans ces Histoires grinçantes de Tchekhov. Ajoutons-y un cosaque mourant de faim, un instituteur consciencieux jusqu'à l'issue fatale, une petite bonne d'enfants martyrisée, et nous aurons une série de récits d'une férocité et d'une cruauté à faire frémir d'humour... noir !
Pendant longtemps, Cleveland a été un berceau du rêve américain. Elle a attiré les plus grandes industries, et tous ceux qui espéraient la prospérité, ou une vie meilleure. Dans le quartier du Slavic Village se regroupaient ceux qui venaient d’Europe de l’Est.
Mais en 2008, le rêve a fait long feu. La pollution, le chômage, la faillite et surtout la crise du logement se sont installés à Cleveland. Le Vaste Bordel a débuté. Ceux qui en avaient les moyens sont partis ; ceux qui restent n’ont pas eu le choix. Anna, Elijah et d’autres ont toutes les raisons de fuir ces ruines de l’argent et de la compétition. Ils trouvent refuge dans un lycée à l’abandon. Quand tout s’écroule autour d’eux, quand tout se ligue contre eux, ils doivent reconstruire sur de nouvelles bases le monde qui sera le leur.
Par une nuit de janvier 1690, alors que la tempête se lève sur la Manche, une petite troupe d’individus patibulaires s’embarque à la sauvette et quitte la côte anglaise en abandonnant à terre un garçon de 10 ans.
Pourquoi cette fuite et pourquoi cet abandon ? La réponse à cette question se trouve en quelque sorte gravée dans le visage de l’enfant, et pèse d’un poids tragique sur la conscience des fuyards. Chacun va vers son destin. Celui du garçon s’accomplira au prix de révélations qui lui découvriront qui il est au juste, et pourquoi on a conspiré à faire de lui un monstre.
Mieux encore que Les misérables ou que Notre-Dame de Paris, ce livre démontre la toute-puissance d’une plume inspirée. Dans ce roman à couper le souffle, Victor Hugo, champion poids lourd de la littérature, charge son encre du credo progressiste, auquel sa force de frappe donne un écho formidable. Ces pages nous arrivent toutes sonores des « coups de gueule » d’un génie débridé. Elles déclenchent l’enthousiasme.
La difficile adaptation à une vie normale d'un garçon anglais qui a grandi à Johannesburg, sous l'influence du régime de l'apartheid.
Il n'y a pas de tigres en Afrique est le premier roman de Norman Silver. Douloureux et intransigeant, profond et dérangeant, il montre de quelle manière une éducation réservée exclusivement aux Blancs peut avoir des effets pervers sur la perception de toute relation humaine : il raconte la lutte d'un garçon écrasé de culpabilité qui voudrait vaincre les préjugés dont il a hérité.
Depuis la nuit des temps, en Russie, les bylines, ces récits épiques chantés par les bardes au son des gousli, enchantaient et terrifiaient les enfants. À l'aube du XXe siècle, les bardes se sont tus. Ce recueil est le premier à leur rendre hommage, à leur redonner la parole, mais aussi à réinventer leur univers. Comme si les bardes oubliés chantaient ici et maintenant. Ilia Mouromietz est leur héros, éternel, et moderne. Un héros éternel parce qu'à l'image des autres héros, d'origine modeste et de coeur noble, il combat le Mal éternel, en guérissant, en galopant, en terrassant des êtres fantastiques, comme le rossignol brigand. Un héros moderne, un héros des temps nucléaires, parce que dans une Russie d'aujourd'hui ravagée par les catastrophes, il vole du quartier de la Petite Centrale à celui de la Grande Centrale tel un cavalier de l'Apocalypse, parce que son père travaille dans les caves empoisonnées, et que sa mère cultive les radis amers dans les champs de ruines. Et parce que, malgré tout, il triomphe.
« On a beau faire, quelquefois, c’est comme si on avait le monde entier contre soi. Et au collège plus qu’ailleurs. Jugez un peu : Un cahier enfoui pour cacher de mauvaises notes ; le chien du proviseur, Eschyle, qui le déterre pour jouer ; des professeurs qui ont tout sauf le sens de l’humour et de la mesure, et qui tous me désignent comme coupable, aussitôt c’est la menace d’une exclusion définitive. Mais à Odessa, en 1895, être exclu du collège, cela veut dire être mis à l’écart de la société. C’est presque être condamné à mort. Alors, moi qui aime apprendre, moi qui veux apprendre, comment pourrais-je échapper à une telle sentence ? »
« Je n’ai plus que quelques minutes d’électricité par jour et je ne pourrai certainement plus t’envoyer de nouvelles avant un certain temps, mais não se preocupe, Talia, tudo bem. Ne t’inquiète de rien. Tout va bien. » Talia a beau relire le dernier mail de sa mère pour se rassurer, le « certain temps » s’éternise. Cela fait déjà un mois et demi que « tout va bien », quarante-huit jours exactement que Juana ne lui a plus donné signe de vie. Quelle idée, aussi, de s’installer, seule, dans une baraque minable au coeur de la forêt amazonienne ! Lorsqu’elle a découvert qu’Itawapa était au centre d’un projet de forages pétroliers, sa mère a démissionné de son poste de professeur d’ethnologie pour voler au secours d’Último, le dernier survivant d’une tribu indienne décimée dans des circonstances mystérieuses. Est-il hostile ? Est-il amical ? Comment le savoir ? Personne n’a jamais réussi à le rencontrer. Talia est bien décidée à tout faire pour retrouver sa mère. Quitte à s’enfoncer dans 200 kilomètres carrés de forêt vierge, de marais et de terres inexplorées et pas forcément hospitalières…
Xavier-Laurent Petit a l’imagination vagabonde, un article, une photo peuvent l’entraîner au bout du monde. Cette fois, c’est un dossier de Courrier international consacré à l’Amazonie qui a déclenché sa « machine à écrire ». On y parlait de l’Índio do Buraco, seul et dernier survivant d’une tribu d’Indiens Arriedos, qui refusent tout contact avec notre civilisation. C’est à lui, qui sans doute n’en saura jamais rien, que Xavier- Laurent Petit a dédié ce livre.
Marin d'exception, il a ouvert aux Français la route du grand fleuve Saint-Laurent. Le Canada lui doit son nom. À quatorze ans, Jacques Cartier rêve d'océan. De ses lumières mouvantes, des gémissements de son vent et de la magie de ses histoires. La vie du port de Saint-Malo et les récits des récentes expéditions lui soufflent d'obéir à son destin. Il prend la mer comme marin, bravant le froid, la faim et la fatigue. Jacques Cartier devient un des meilleurs navigateurs de la région. La mer n'a plus de secrets pour lui, et lorsque François Ier le rencontre sur l'île de Cézembre, il voit en lui un futur grand explorateur. Une chance aussi de participer à la grande course au trésor des terres nouvelles et des pierres précieuses. Quinze années plus tard, son rêve se réalise. En septembre 1534, deux navires quittent Saint-Malo avec à leur tête un capitaine empli de joie et de ferveur. Trois séries d'expéditions lui promettent la découverte de richesses naturelles et humaines insoupçonnées. C'est en fait l'Inconnu qui s'offre à lui. Jacques Cartier s'avance toujours plus loin, malgré les étendues glacées, les maladies mortelles, les relations complexes avec les Indiens. Toujours plus près du continent canadien, de l'absolu de sa passion et de ses désillusions.















