Thème « fratrie »
En cette veille de Pentecôte, Mona et sa soeur Elsa, dite Crapule, se préparent à se rendre chez leurs grands-parents. Mais cette année leur séjour à Chissou, la ville des escargots, promet d’être différent. Il y a d’abord la liste des commandements parentaux à respecter sous peine de voir annuler la fête d’anniversaire de Mona et donc toute chance d’approcher Romu, « le garçon le plus mystérieux du collège ».
Mais surtout, le comportement incompréhensible de papou qui semble avoir tout oublié, jusqu’aux prénoms de ses petites-filles, et puis sa fatigue inexplicable ; sans oublier cet appel de Grèce qui bouleverse tellement mamie Lala.
Non, décidément, cette année rien ne va plus pour Mona. C’est un peu l’enfance de notre héroïne qui s’achève avec la découverte de secrets de famille mais aussi la promesse d’un regard neuf sur la vie, un regard doux-amer qui a le goût… d’une soupe américaine.
Un poste à l’Éducation nationale n’a jamais été une sinécure : nous nous en doutions, et c’est ce que nous confirme l’histoire du jeune Daniel Eyssette, contraint par la ruine de son père, aux alentours de 1860, à lâcher ses études pour s’en aller bravement loin des siens gagner son pain comme surveillant dans un collège des Cévennes. Là, sa candeur et son aspect enfantin (il fait bien moins que son âge) le désigneront d’emblée comme cible de choix au mépris de ses collègues et à la méchanceté des élèves. Le roman d’Alphonse Daudet n’est pas seulement celui (semi-autobiographique) du pion chahuté et des affres du déclassé. Il est aussi le récit de l’exil et du déracinement, des vocations avortées et de l’amour déçu, des blessures de l’âme et de la nostalgie sans remède.
Mais, loin d’être un morne tissu de lamentations, il brille par l’acuité de la vision, le sens de la caricature, la vigueur de trait, le bonheur de la formule et une vitesse d’exécution qui nous font à tout moment rempocher nos mouchoirs.
« J'attirerai tous les regards, je rendrai les gens heureux. Je serai digne de l'estime de mon public et de celle de mon entraîneur. Je serai un champion. » Sa passion pour le football, Boris ne sait pas d'où elle vient. Pour tâcher de l'apprendre, il lit en cachette les carnets intimes de sa soeur et marraine. Éléonore a tout noté, depuis l'enfance, avec tact. Le tact, Boris adore ça. Se sentir aimé, ça aide à grandir et à défendre les buts. Cette passion, Boris ne sait pas non plus où elle va le mener. Il sait seulement qu'il s'entraîne partout où il peut, sur les terrains vagues et aussi au fond du couloir de l'appartement, avec des joueurs miniatures en allumettes dont il commente les exploits à haute voix. S'il ne devient pas champion, il sera peut-être reporter sportif ? Il sait que le ballon est pour lui un soleil qui brille même quand le soleil manque. Et une passion pareille mène forcément très loin.
Une mère, on n’en a qu’une, pas vrai ? Même si elle picole toute la journée, même si elle oublie de vous acheter à manger, même s’il faut la tirer du lit le jour du versement des allocations chômage, il faut faire avec… Et Jono, du haut de ses quatorze ans, a toujours fait avec la sienne. Mais le soir où sa mère frappe sa petite soeur en pleine figure d’un coup tellement puissant que Julie valdingue à travers la pièce, Jono décide que c’en est trop.
Que peut-il faire ? Appeler la police ? Une assistante sociale débarquerait dans les trois heures et n’hésiterait pas à les séparer. Emmener Julie loin d’ici ? Mais pour aller où ? Jono n’en a pas la moindre idée, mais il sait qu’il est le seul à pouvoir protéger sa petite soeur.
Léo, le grand frère de P'tit Marcel, le héros de Tout contre Léo, est mort et enterré. Mort du sida depuis trois ans. Enterré sous une pierre décorée d'une colombe ridicule. Et, depuis, Marcel a l'impression que sa famille fait semblant de vivre.
Pourtant : « Tu vas les remuer, balancer de la vie plein la baraque. Tu vas les forcer à se bouger. Tu les laisseras pas s'abattre, hein ? » avait ordonné Léo en annonçant sa fin prochaine à P'tit Marcel.
Marcel se sent investi d'une mission, d'un destin. Il écrit des poèmes et des phrases définitives, comme « Ma vie de fils touche à sa fin.» Mais ce qu'il faut faire, concrètement, pour que le monde cesse d'être nul, il n'en a pas idée.
Et contre toute attente, c'est sa mère, qui la première, va obéir au voeu de Léo, à sa façon. À sa façon dévastatrice, enthousiasmante et capable de réveiller les passions de tous les siens.
Elles sont deux, elles ont le même âge, les mêmes yeux bleus pailletés d’or, et elles viennent d’apprendre qu’elles sont sœurs. Janig vit à Narbonne au milieu des vignes et s’ennuie dans son école de secrétaire. À des centaines de kilomètres de là, Macha étouffe dans son lycée militaire où elle est pensionnaire. Nous sommes en 1974, toutes deux rêvent de liberté. Alors, quand Marthe, leur grand-mère excentrique, les invite à venir se rencontrer au camp du Geai, la communauté hippie qu’elle a fondée aux monts d’Arrée, elles foncent. À pied, en train, en stop, en péniche, et même à cheval, chacune prend la route pour découvrir cette sœur tombée du ciel et aussi changer le cours de sa vie…
Un jour, il y a longtemps, les parents se sont mariés. Ils ont fait le serment de s’aimer toujours, de rester fidèles, de se prêter secours.
Aujourd’hui, rien ne va plus. Plus de rires ni de chatouilles entre eux, plus de danse, plus de feu dans l’âtre. À table, maman avale de travers. Papa prend des chemins de traverse. Elle se plaint. Il se tait.
Camille et son petit frère Matthieu s’en tirent comme ils peuvent. Elle rêve qu’elle vole comme un oiseau, s’évade dans son jardin chéri. Lui s’enferme dans de brusques colères, des crises de somnambulisme.
Ne t’en fais pas, a dit le père. Camille s’en fait. Du souci, du mouron, de l’inquiétude. Il faut qu’ils restent ensemble, et que personne ne sache ce qui les divise.
Ce pacte-là, ce sont les enfants qui l’ont scellé. Ils vont le respecter. Coûte que coûte.
La villa Mont-Noir, le domaine où Marguerite Yourcenar a passé son enfance, est devenue aujourd’hui un lieu de résidence pour les écrivains européens. Quel meilleur endroit aurait pu accueillir Gisèle Bienne et l’inspirer pour ce roman sur la douleur d’aimer des parents qui se déchirent et les liens sacrés de la fraternité ? Car un des personnages principaux du livre est un jardin frémissant, comme celui où elle s’est promenée au mois de mai, parmi les jacinthes et les biches.
Qui est Britannicus ? Un prince romain sacrifié au profit de son frère adoptif, un personnage de second plan chez Racine ? Une antiquité, en somme. Mais le connaît-on vraiment ?
Le voici dans toute sa jeunesse : un garçon de quatorze ans face au deuil de son père et ses souvenirs en charpie, aux prises avec ses rêves, ses désirs, et une admiration aveugle pour son frère Néron.
Une figure de l’adolescent éternel qui, tel un fantôme, s’affranchit des époques, des lieux, et revit avec nous.
Syril et sa petite soeur Zoé ont longtemps espéré, attendu. Et puis c’est arrivé. Un juge a décidé de les mettre à l’abri de leurs parents et les a placés dans une famille d’accueil. Syril et Zoé vont passer l’automne chez les Mattie, un couple sans enfants qui vit dans une jolie maison en bordure de forêt. C’est un havre de paix pour faire peau neuve, un endroit doté d’un grand pouvoir de guérison. Pourtant, Zoé tarde à retrouver le sourire.
Même au paradis, certaines blessures demandent du temps pour cicatriser.
Michelle vit en Normandie avec ses trois enfants au bord de la mer. Les pères de Falco et de Nadia sont morts en mer; de celui de Thomas, Michelle dit qu'elle ne se souvient pas. Le temps passe et elle décide, tout en adorant ses enfants, de songer à refaire sa vie. Thomas ne supporte toujours pas la réponse impossible de sa mère. Croyant l'apaiser, Michelle lui raconte une fable. Hélas, Thomas y croit. Ce père qu'il n'a pas, il se l'invente, ce sera un Indien, un Peau-Rouge, mort pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est délirant ! Mais aucun membre de sa famille n'échappera à son délire. Est-ce le prix à payer pour que sa vie à lui soit enfin possible ?
Est-ce parce que Rachel Robinson est un petit génie en maths et que sa chambre est toujours impeccablement rangée, qu'on pense toujours à elle pour représenter, défendre, aider, conseiller ses camarades ? Est-ce pour les mêmes raisons que ses amies, Alison et Stéphanie la croient difficilement capable de vivre une histoire d'amour ? Est-ce parce que tout le monde la sait raisonnable qu'elle ne cesse de se faire du souci pour tout, et particulièrement au sujet de son frère Charles qui, lui, se comporte de la façon la plus déconcertante et la plus agaçante qui soit ? D'ailleurs, c'est tout de même à cause de lui, de ses sarcasmes permanents et de ses petits scandales, que les Robinson se retrouvent un jour chez un docteur spécialiste des problèmes familiaux. Rachel essaie de confier ses angoisses à Alison et Stéphanie, mais tout ce qu'elles trouvent à dire, c'est que Charles a un charme fou !
Peut-on monter dans la voiture de quelqu’un que l’on connaît à peine ? Difficile de résister à la tentation si l’automobiliste n’est autre que monsieur Smith, le professeur d’anglais le plus fascinant et le plus séduisant du lycée.
Ce soir-là, il a proposé à Phénix et à sa petite soeur, Sacha, de les raccompagner chez elles, de l’autre côté du lac. Elles sont montées dans sa Chevrolet immaculée, et il les a conquises le temps d’un trajet. Quelques jours plus tard, c’est leur mère, Erika, qui se laissait séduire. Monsieur Smith est venu de plus en plus souvent à la maison, accumulant les bons points, avec son don pour la pâtisserie et ses faux airs de Gregory Peck.
Phénix et Sacha ont bien remarqué qu’il était un peu trop strict et autoritaire, parfois dur et cassant sans raison. Oh, trois fois rien, pas de quoi s’inquiéter. Comment auraient-elles pu se douter qu’elles venaient de faire entrer le loup dans la bergerie ?
Vincent Van Gogh peint comme un fou depuis son arrivée à Auvers-sur-Oise, quand il rencontre deux jeunes gens de bonne famille, les frères Secrétan. L’aîné, Gaston, est un artiste en herbe, timide, incertain de sa vocation. Au premier regard, il considère Vincent comme un génie. Le cadet, René, est obsédé par Buffalo Bill. À la pêche comme à la chasse, accompagné de sa bande, il tire sur tout ce qui bouge. La correspondance de Vincent ne les mentionne ni l’un ni l’autre. Pourquoi ? On sait qu’il leur a offert des tableaux, dont nul n’a retrouvé trace. Pourquoi ? Gaston et René vont fréquenter Vincent quasi quotidiennement pendant près de six semaines. Et si cette rencontre ne va rien changer à la vie du peintre, elle va peut-être tout changer à sa mort.
Que se passe-t-il avec Alexia ? Un jour elle chipote dans son assiette ; le lendemain, elle engouffre un gâteau au chocolat pour six. Elle ne mange plus rien à table mais elle dévore en douce des spaghettis crus. Une seule chose ne bouge pas : Alexia, 15 ans, hait Chloé, sa petite sœur de 12 ans. Chloé a renoncé à la faire changer d’avis à son sujet, elle préfère se faire la plus discrète possible. Qui sait, ça finira peut-être par s’arranger ? Depuis quelques jours, Alexia lui confie des secrets, à elle seule, et Chloé se surprend à penser qu’il suffirait de peu pour que sa sœur aînée l’accepte enfin... Si c’est le cas, Alexia prend un fieffé détour. Sa haine reste intacte, on dirait même qu’elle augmente. Mais qui déteste-t-elle le plus au monde : sa petite sœur ou elle-même ?
Voyage à Pitchipoï raconte la tragédie d'une famille juive, en France, pendant la guerre, une tragédie qui fut celle de millions d'autres familles. En 1942, l'auteur de ce livre avait six ans. Sa famille fut arrêtée, par des gendarmes allemands et français, et dispersée.
Le narrateur et sa petite soeur furent d'abord confiés à des voisins jusqu'à ce que le maire du village fasse appliquer la décision du capitaine S-S, Commandeur de la région et responsable des mesures de répression antisémite : « L'accueil d'enfants juifs dans des familles françaises est indésirable et ne sera autorisé en aucun cas. »
Les deux enfants furent alors enfermés dans une prison, puis transférés au camp de Drancy, où la petite fille tomba malade, par malnutrition. Pendant toute cette période, ils restèrent sans nouvelles de leur mère, qui avait miraculeusement réussi à s'échapper et n'avait pas été reprise, malgré les portes qui s'étaient souvent fermées lorsqu'elle avait demandé de l'aide. Après des mois de vie clandestine, à la Libération, ils retrouvèrent leur maison. Ils ne devaient jamais revoir leur père.
Selma s’est habituée aux bizarreries de son grand frère. Ivo a toujours été un peu étrange, différent des autres garçons de son âge. Mais depuis peu, elle le sent s’éloigner d’elle. Elle sait qu’il sort chaque nuit et qu’il rentre au petit matin en catimini, comme si de rien n’était. Où court-il ainsi ? Qui rejoint-il ? Selma est prête à le suivre pour le découvrir. Le secret d’Ivo va la faire basculer dans une autre réalité à la fois merveilleuse et terrifiante.















