Thème « France »
Et pourtant, Thomas était persuadé de bien connaître son grand-père. Il l'avait toujours vu là, souriant, gentil, dans le cadre familial. Il aurait juré qu'aucune surprise ne pouvait venir de la part de ce petit homme tranquille. Aussi va-t-il d'étonnement en étonnement au cours du voyage qu'il entreprend avec son « Pépé la Boulange », à bord d'une vieille traction rafistolée. L'étonnement grandit encore lorsqu'il découvre Belle-Île, le pays natal de son pépé, et que l'enfance de Julien Granger s'impose tout à coup, sauvage et magnifique tout à la fois. Enfin Pépé la Boulange avait gardé tout au fond de son être un secret plus intime. Des rapports tendres et vrais entre un vieil homme pas gâteux et un enfant pas infantile... En arrière-plan, la splendeur de Belle-Ile.
Le Ferdinand revient au port de Fécamp, sa campagne de pêche à la morue à Terre- Neuve, au nord de l’Amérique, terminée. Les uns sont heureux de retrouver leurs pères ou leurs frères après de longs mois d’absence. Mais une famille porte le deuil. Hippolyte manque à l’appel.
En marin acharné, il a défié le gros temps, il a commis une imprudence, une vague l’a emporté, et même son frère n’a rien pu faire pour le sauver. La mort dans l’âme, celui-ci ouvre son coeur à ses enfants et, dans son récit, c’est toute la vie des terre-neuvas du début du XXe siècle qui prend la dimension d’une épopée, tragique et fraternelle
Pierrot, le fils du manadier, a grandi, et ses amis Mistral, le poulain qu'il a nourri au biberon, et Engane, le taureau qu'il a sauvé de la noyade, ont grandi eux aussi. Pierrot s'est mis en tête de dresser Mistral, devenu un beau cheval fougueux, pour la prochaine course camarguaise du village dont Engane sera la vedette. Il s'agit d'être patient, persévérant, de ne pas brûler les étapes. Heureusement que Fannette, sa cousine, prodigue de précieux conseils à Pierrot.
Eugène est le plus jeune fils d'un magicien célèbre et différent de tous les autres, Robert Houdin. À chaque représentation, par le trou du rideau, Eugène observe son père et son grand frère Emile en train d'exécuter des tours de magie toujours accueillis par un tonnerre d'applaudissements. Il aimerait tellement monter sur scène lui aussi. Mais Eugène est trop petit, il doit encore travailler. Et puis, le soir dont il a tant rêvé arrive enfin. Eugène a répété avec son papa, en secret, un tour extraordinaire. Juste avant d'entrer en scène, Emile lui fait venir les larmes aux yeux par ses taquineries. Mais le petit garçon reprend courage et passe de l'autre côté du rideau. Que le spectacle commence !
Les flamants roses ne vivent pas seulement en Afrique. Il y en a en France, sur les étangs salins de Camargue. En allant passer quelques jours chez sa cousine Fannette, Pierrot, l’ami de Mistral le cheval et d’Engane le taureau, découvre un paysage de toute beauté : des îlots roses de flamants ! C’est le printemps, et de nombreux petits bébés sont nés. Pour l’instant, ils sont encore tout gris ! Ce qui ne les empêche pas d’être très appétissants pour les renards… Heureusement, Pierrot veille. Avec Fannette, il va réussir à sortir un poussin des griffes du prédateur.
Comme chaque été, Sylvie revient de passer un mois de vacances chez son grand-père, au coeur de la forêt des Landes. Elle est unique, cette forêt. Ce n'est pas une forêt vierge, ni une forêt de légende. Elle est toute jeune. C'est une construction humaine, un territoire gagné sur les anciens marécages. Elle a son histoire, une très belle histoire. Et cet été, grand-père va la raconter à Sylvie.
Jacob déteste tout cette année. La plage, les vacanciers, sa petite soeur et même ses grands frères, qui le délaissent pour des histoires de filles. Trouville, c'est nul, il n'y a rien à y faire, c'est plein de vieux, de maisons d'écrivains morts et de vitrines d'antiquaires avec des pichets moches. Sa mère passe son temps à lire un pavé sur la vie de Néfertiti, son père à étudier la guerre en Israël dans le journal. Pourtant, Jacob espère qu'il va se passer enfin quelque chose. Et un matin, très tôt, son rêve se réalise. Au bout de la jetée, au pied du phare rouge, un garçon contemple l'horizon. Il porte un pull marin, un short long écossais et des sandales en cuir ; il a quatorze ans, un sourire triste et un drôle d'accent. Il est pressé, il est mystérieux, il s'appelle Bill. Jacob a le sentiment que ce garçon détient des secrets extraordinaires et il est prêt à tout pour mieux le connaître. Ça tombe bien : Bill a besoin de son aide.
Tout a été dit sur Mai 68. Et ce qui ne l’a pas encore été le sera cette année.
Tout, vraiment ? Pas si sûr…
Et si c’était un enfant qui racontait les événements ? Il y a bien des enfants, dans ce pays, en mai 1968 ? Oui, ils sont des millions. Ils ne vont plus à l’école. Ils écoutent les grandes personnes se disputer en parlant politique.
Parmi eux, Véro, neuf ans. Entraînée par son grand frère, elle répète des slogans marrants, se pose des tas de questions, et regarde le monde changer…
Au printemps 1671, deux ans avant sa mort, Molière est soumis à une rude concurrence. Pour attirer la foule dans son théâtre, il décide d’y remonter Psyché, créé en janvier au palais des Tuileries devant le roi. Deux mois de travaux sont nécessaires pour adapter les décors et construire les machineries. Pendant ce temps, les comédiens joueront une nouvelle création, Les Fourberies de Scapin. Jeannot, un ancien marin de Rouen, est embauché dans la troupe en pleine effervescence. Familier des cordages et de l’escalade, il découvre un univers merveilleux et va jouer un rôle décisif dans la préparation du spectacle et aussi pendant une représentation…
Il a peint des jungles luxuriantes, des couchers de soleil tropicaux, des charmeuses de serpents sous la lune, des combats de bêtes féroces, mais n’est presque jamais sorti de Paris. Il a été calomnié de son vivant, moqué, boudé, exclu des expositions officielles, et même accusé d’escroquerie, mais des poètes comme Apollinaire et Alfred Jarry, et ses jeunes confrères Picasso, Braque, Léger et Delaunay lui trouvaient du génie. C’est en hommage à son caractère et à son style qu’un courant de peinture a été qualifié de « naïf ». Alors qui mieux qu’un enfant pouvait nous faire approcher le Douanier Rousseau ? Driiiing ! Sa petite voisine Charlotte sonne à sa porte, et le voici qui vient ouvrir…
1717. Louis XIV est mort depuis deux ans. Pour lui rendre hommage, l’immense statue de douze tonnes de bronze, fabriquée à Paris trente-deux ans plus tôt, doit enfin être érigée dans la bonne ville de Montpellier. Il s’agit de la transporter jusque-là. Et en ce début de XVIIIe siècle, ce n’est que par bateau que le voyage peut s’effectuer. D’un port de la capitale au Havre, sur la Seine, puis jusqu’à Bordeaux, par la mer, et enfin en remontant la Garonne jusqu’au canal du Languedoc, Clément, un jeune marin, accompagne le monument. Changements de bateaux, naufrages, embûches… Clément n’est pas au bout de ses surprises !
La Haute-Bretagne comprend les Côtes-d'Armor et l'Ille-et-Vilaine, et, contrairement à la Basse-Bretagne, on y parle français ; mais, en matière de contes ce n'est pas seulement la langue qui change d'une région à l'autre mais tout le répertoire. Et le ton aussi : celui des contes de Haute-Bretagne est avant tout joyeux et impertinent. Et, même si la vie des pêcheurs, des marins ou des paysans qui y est décrite est très dure, on la prend en riant et on essaie de se débrouiller en faisant appel à des créatures magiques. À l'époque où Paul Sébillot entreprend sa collecte, tout le monde y croit encore pour de bon.
Extrait : « Le sabotier pensait souvent au poisson merveilleux et il réfléchissait au moyen de s'en emparer. Un jour qu'il se promenait sur le rivage, il vit la Seraine qui s'était endormie et, bercée par les vagues, flottait à peu de distance du bord. Il se mit à l'eau sans faire de bruit, et passa tout doucement sous elle un grand panier dans lequel il l'emporta à terre sans l'éveiller. Elle était grande comme un enfant de huit ans ; sa tête et son corps ressemblaient à ceux d'une femme, mais à la place des pieds elle avait des nageoires et elle se terminait en queue de poisson. »
Jean-François Bladé fut un des meilleurs folkloristes français, et ses contes de Gascogne font partie des plus beaux qui existent en France. Ainsi, dans « Le roi des corbeaux », qui donne son titre au recueil, on y voit une très jeune fille se confronter à des épreuves terribles pour sauver son mari et son peuple de corbeaux. La tension de cette histoire et la grande beauté des images comme des dialogues sont inégalables. Tout aussi étonnant, « Pied d'or » nous fait découvrir un être maléfique doué d'immenses pouvoirs. Forgeron d'une extrême dextérité le jour, il crée les plus beaux bijoux du monde. Mais la nuit, il devient loutre pour nager et pêcher dans le Gers ou jouer avec sa fille, la Reine des Vipères. Un jeune homme a surpris son secret et décide de devenir son apprenti au péril de sa vie. Les Contes gascons oscillent souvent entre la peur et le rire, et Cagolouidors, qui n'a de cesse de tourmenter les hommes, dort d'un oeil, caché dans un saule creux. Pour faire pleurer une jolie meunière, il transforme son beau fiancé en ignoble pou. Mais le pou se glisse dans l'oreille de la jeune fille et lui révèle comment berner leur persécuteur. Le diable aussi attend son heure, toute âme est bonne à prendre, et malheur à ceux qui rêvent à haute voix. Mais en Gascogne comme ailleurs, les femmes sont bien plus malignes que le diable.
Quand on aime les contes populaires, ceux qu'Emmanuel Cosquin a collectés en Lorraine au siècle dernier doivent être lus en priorité. En effet, ils sont beaux, originaux et pas du tout remaniés au goût de l'époque, de celui qu'on prête aux enfants et encore moins d'un public très chic comme le fut celui de Perrault. Emmanuel Cosquin avait une passion pour les contes du monde entier et entre autres pour ceux de sa province : la Lorraine. Il est sans doute, parmi tous les linguistes, les folkloristes et les érudits que nous avons pu rencontrer, l'homme le plus érudit et le plus rigoureux qui existe dans ce domaine. On peut ne pas partager toutes ses hypothèses de travail mais, dès que l'on plonge le nez dans la collecte qu'il a effectuée avec ses soeurs à Montier-sur-Sault, on est saisi par la fraîcheur, la simplicité et la fantaisie des contes lorrains.
Vers le milieu du XIXe siècle, les besoins de charbon sont grands, en France et dans le monde. Le charbon est devenu la principale source d'énergie, c'est lui qui permet l'essor de l'industrie et des transports. Des hommes - les mineurs - descendent chaque jour à plusieurs centaines de mètres sous terre pour extraire la précieuse houille. Des hommes, mais aussi de jeunes garçons, qui quittent l'école dès l'âge de dix ans pour effectuer ce travail harassant, nocif et périlleux. Louis et Tounet, enfants de la mine et héros de ce récit, sont, hélas, quotidiennement en danger de mort. Une histoire documentaire et un dossier pour en savoir plus sur les mines de charbon et le travail des enfants illustré de photographies d'époque.
Maupassant sait faire rire ! Mais c'est toujours un rire en demi-teinte. Un rire qui tente de dissimuler la mort, compagne quotidienne. Que ce soit dans l'histoire du condamné à mort qu'on cherche à faire évader parce qu'une exécution capitale coûte trop cher ! Dans celle du chasseur invétéré qui hésite à s'attarder en son lieu de chasse favori parce qu'il convoie le corps d'un proche ! Dans celle du gros homme paralysé à qui on fait couver des oeufs afin qu'il soit quand même utile à quelque chose. Ou dans l'histoire du voleur que ses victimes, quelque peu ivres, décident d'exécuter ! Maupassant sait faire pleurer ! Mais ce sont toujours les larmes d'une émotion douce qui réchauffe le coeur. Que ce soit l'histoire du gosse sans père, insulte par tout un chacun, qui se trouve un père pour de vrai ! Ou dans celle des amours secrètes de Mademoiselle Perle, jamais réalisées à cause des convenances.
Huit histoires aigres-douces écrites il y a un siècle et qui restent tout à fait d'actualité, du point de vue de l'écriture, qui n'a pas vieilli, contrairement au style de tant d'écrivains du siècle passé; mais aussi du point de vue des personnages mis en scène car la nature humaine ne se démode pas en si peu de temps !
Ce volume contient : « Le papa de Simon », « Le condamné à mort », « La roche aux Guillemots », « Toine », « Le père Mongilet », « Le voleur », « Mademoiselle Perle », « Ma femme »















