Thème « famille »
Lori n'a pas eu une enfance facile. Son père est mort jeune, d'un accident. Sa mère n'a jamais gardé très longtemps le même emploi ni le même fiancé. Ce n'est pas du tout une mauvaise mère, mais elle a un petit penchant pour l'alcool et le chic pour tomber sur des types pas terribles. Lori n'est encore qu'une adolescente, mais elle en sait beaucoup plus long sur pas mal de choses que la plupart des filles de son âge. Elle a un corps de femme, des désirs de petite fille, et sait parfaitement tirer parti de la fascination qu'elle exerce sur les hommes. De temps en temps, elle fugue. Parce que le dernier petit ami de sa mère lui fait des avances, ou pour courir après un chanteur de rock dont les chansons l'obsèdent.
Eric Poole n'a pas tout à fait dix-huit ans. Dans quelques jours, il va être libéré d'un centre de détention pour mineurs, où il a été incarcéré pour le double meurtre de sa mère et de son beau-père. Il a bénéficié de circonstances atténuantes : mauvais traitements. Personne ne sait qu'il se les était infligés lui-même. Eric est un malade, un psychopathe. Il a tué plusieurs jeunes femmes et s'apprête à recommencer. L'inspecteur Jake Proctor est convaincu du danger qu'il représente, mais n'a trouvé aucune preuve pour empêcher sa libération.
Lori et Eric se sont déjà croisés une fois, Lori n'était encore qu'une petite fille. Elle pense qu'il lui a sauvé la vie ce jour-là. Elle est amoureuse de lui. Ils vont se croiser à nouveau et vivre quarante-huit heures ensemble. Lori pourrait être la prochaine victime d'Éric. Elle pourrait aussi le sauver. Ce ne sera ni l'un ni l'autre.
Papi Sergeï, un ancien soldat devenu aujourd'hui un vieil homme aveugle, et Janek, un garçon juif placé sous sa protection, effectuent un long voyage. En toile de fond, la Seconde Guerre mondiale qui fait rage. Les deux compagnons vont de village en village pour mendier et luttent pour leur survie.
« Ce couple de héros peut faire penser, bien sûr, à une variation sur le thème “Le vieil homme et l'enfant”. On pense beaucoup aussi à La Route, de Cormac McCarthy, pour la profondeur et la simplicité du texte, des dialogues, pour sa situation apocalyptique, pour ce lien de confiance entre un homme et un enfant, dans un monde barbare. » Valérie Zenatti, traductrice des romans d'Aharon Appelfeld
Papa m'a dit : « Ton frère est mort sur le coup ». Silence. Une image m'est venue : cou cassé, nuque brisée. Clac. Crac. Silence.
Depuis le 13 décembre, le jour où elle a appris la mort de son frère, Sarah doit supporter sa douleur mais aussi celle de ses parents. Elle les trouve parfois immobiles, pleurant dans l'obscurité. Ou bien alors, ils proposent des sorties absurdes : piscine, cinéma, théâtre, musée. Mais c'est le silence qui domine la maison, et qui s'installe définitivement le jour où sa mère décide que le nom de son frère ne doit plus être prononcé, qu'il ne doit plus être question de lui. La chambre est vidée, tout son contenu déménagé au grenier. Alors les silences se transforment en glace à l'intérieur de Sarah. Un bloc de glace qui semble ne jamais devoir fondre.
Bienvenue chez moi, Chrissie Jones. Mon pauvre papa pasteur, ma petite maman et mes deux foutus frères, mes cours de français, mes 13 ans et les copines qui vont avec, toutes s’impatientant de rencontrer le prince charmant. Damnit. Bienvenue à Sioux Falls, Dakota du Sud. Ses légendes indiennes, ses deux cents églises, ses phénomènes bizarres, et son bal de la pureté, au cours duquel les jeunes filles doivent promettre à leur père de rester chastes jusqu’au mariage. Ha ha ha. Oui, bienvenue dans ce trou perdu. Dieu merci, il est possible que j’ai quelques pouvoirs, susceptibles de vous étonner.
Clarisse voudrait tout simplement être une autre. Depuis que sa mère a quitté la maison, elle vit avec son père. Mais toutes les larmes qu’elle a versées n’ont pas réussi à effacer les souvenirs des jours heureux. Son père a beau se réfugier dans le travail et multiplier les rencontres pour se sentir moins seul, elle voit bien qu’il est triste. Tout comme elle. Et ça fait mal. Heureusement, c’est la rentrée en première et Clarisse retrouve Elsa, sa meilleure amie. Elsa, la confidente, celle qui l’a soutenue pendant les moments difficiles, vient de repérer un nouveau au lycée et n’a pas l’intention de le laisser filer. Le bel inconnu s’appelle Julien, et adore la poésie et le jazz. Sauf qu’en croisant son regard bleu émeraude, Clarisse se sent bouleversée comme jamais. Mais a-t-elle le droit d’aimer et d’être aimée, sans trahir son amie ?
Elle s'appelle Nhamo, ce qui, dans la langue des Shonas, les habitants du Mozambique, signifie « catastrophe ». Et c'est exact, sa vie est une véritable catastrophe. Sa mère a été tuée par un léopard quand elle n'avait que trois ans. Il paraît que son père travaille dans une mine de chrome au Zimbabwe, de l'autre côté de la frontière. Sa tante la déteste. Dans la famille, Nhamo est la bonne à tout faire. Et le jour où le choléra s'abat sur le village, le Muvuki, le chasseur de sorcières, déclare que c'est elle qui doit être sacrifiée. Alors Nhamo apprend d'un seul coup le secret de ses origines et l'horreur de son avenir : son père est en fait un assassin dont le crime n'a jamais été puni ni réparé. Pour que le monde des esprits laisse les vivants en paix, Nhamo doit devenir la quatrième épouse du frère de la victime, un vieillard agressif et terne. Heureusement Ambuya veille. C'est une conteuse hors-pair, fumeuse de pipe, opiniâtre et tendre. C'est la grand-mère de Nhamo. Elle ne l'a jamais appelé Catastrophe, mais Petite Citrouille. C'est elle qui pousse Nhamo à s'embarquer pour un voyage extraordinaire. Tout, plutôt que la catastrophe à laquelle l'a promise la bêtise des hommes.
Christine n'a pas encore quinze ans. C'est une fille sérieuse, calme et organisée. Elle s'habille de manière très classique : le col du chemisier dépasse juste comme il faut, les jeans sont repassés avec un pli, les chaussettes sont assorties au pull. Quand Pénélope, sa meilleure amie, vient la voir, elle a l'impression d'entrer dans la maison de la perfection. Rien ne traîne dans les chambres et les menus de la semaine sont affichés dans la cuisine. D'ailleurs, Christine suit docilement le régime que lui a concocté sa mère pour perdre un peu de poids. Mais Christine ne perd pas de poids. Elle revient des vacances de la Toussaint avec des joues rondes, un visage triste et des yeux cernés. En cours de gymnastique, elle s'effondre, victime d'un malaise. Elle annonce alors à Pénélope qu'elle est enceinte de six mois. C'est parce qu'elle ne voulait pas avorter qu'elle a gardé le secret si longtemps. " C'est ma vie, dit-elle, c'est moi de décider. " La maison de la perfection s'écroule. La mère de Christine a beau avoir lu tout Dolto, sa fille est devenue une étrangère pour elle. Et elle refuse que Claire, la petite soeur de Christine, soit mise au courant. Christine vient donc habiter quelque temps chez Pénélope. Il a été convenu qu'elle cesserait d'aller au collège. Plus tard, sa grand-mère vien-dra la chercher. Pour Pénélope, c'est une expérience étrange et douloureuse. En une phrase, Christine a dres-sé un mur entre elles. Ce qu'elle vit est si éloigné de tout ce que connaît Pénélope, que le silence s'impose. Pénélope accepte de ne poser aucune question et d'éviter de parler de l'avenir. Elle a aussi promis de taire le nom du père - elle a deviné qu'il s'agissait de l'un des correspondants allemands. Mais elle souffre de ne pouvoir venir en aide d'aucune façon à son amie. Christine ne lui donne aucune nouvelle. Doit-elle lui téléphoner, lui écrire ? Pour lui dire quoi ? Elle décide de lui rendre visite chez sa grand-mère, sans prévenir...
Ils sont rares, les livres dont la seule dédicace porte, en trois lignes, l’essentiel du propos. L’Enfant, de Jules Vallès, en fait partie.
« À tous ceux qui crevèrent d’ennui au collège ou qu’on fit pleurer dans la famille, qui, pendant leur enfance, furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents, je dédie ce livre », écrit l’auteur en épigraphe du premier tome de sa trilogie autobiographique.
Pourquoi ressortir ce classique des oubliettes ? Parce que les souffrances infligées aux enfants et aux collégiens dans les années 1840 ne sont pas passées de mode, loin s’en faut. Nous espérons que ceux qui crèvent d’ennui au collège et qu’on fait pleurer dans leur famille trouveront dans cette lecture non seulement la consolation, mais des armes pour se défendre.
Pourquoi l’abréger ? Parce que le texte de Vallès est comme un torrent de révolte, répétitif dans son fracas, insistant dans ses éclaboussures. Pour qu’il soit lisible et portatif par les collégiens d’aujourd’hui, pour les indignés de demain.
L'Enfant, paru en 1879 est le premier tome de la trilogie Jacques Vingtras. Les tomes suivants sont Le Bachelier et L'Insurgé.
Le père, la mère, la grand-mère et le fils sont à table. Le père est tendu, il ne cesse de se plaindre du repas, de la vie, de sa famille. La mère a perdu son travail et elle respire mal, la grand-mère fait ce qu'elle peut pour calmer la situation. Le fils observe et se tait. À table, il y a toujours une place vacante : celle du fils aîné, parti sans que l'on sache pourquoi. À cause de ce non-dit, les paroles s'enchaînent, les questions fusent, mais peuvent-elles combler l'absence insupportable ? Dans le jeu de cette famille, chacun interroge sa place.
Monsieur N. n'avait pas été un criminel toute sa vie. La preuve, il avait déjà neuf ans quand il tua pour la première fois. Bien entendu, à cette époque, il n'était pas encore monsieur N.. Il était Léo, petit garçon qui passait ses vacances chez Mémé et Pépé.... Et puis, vingt ans plus tard, le voici, rôdant autour de la maison de la famille Mintz. Les parents sont sortis, les enfants font du pop-corn, Odette voudrait aller chercher un sapin au cimetière, elle craint que le Père Noël ne les oublie. Monsieur N. ne les oublie pas, lui. Il a déjà tué son chien Thor, il a mis un manteau rouge, il se prépare.
Un roman haletant, tendu, mais plein d'humour aussi. Un thriller de Noël, qui ne vous lâche pas.
Jakob attend sa mère, serveuse dans un restaurant turc, qui vit seule avec lui depuis que son mari est parti chercher fortune à Francfort. Elle termine à 18 heures. Hier, elle n'est pas rentrée. Anna revient à Berlin après un an passé à Paris. Un an sans Bastian, pour savoir s'ils s'aiment toujours. Mais quand elle arrive, Bastian n'est plus à Berlin non plus. Chacun dans son coin, ils taisent leur angoisse, dissimulent la vérité, donnent le change, espèrent en secret. Un soir de grève contre le rapport Pisa qui dénonce les tares du système éducatif allemand, dans un squat alternatif tenu par un travesti noir américain, leurs destins se croisent par hasard. C'est un choc comme il y en a tant dans cette ville en perpétuel mouvement, pleine de questions, d'élans, de remises en cause. Un amour possible dans cette capitale toute neuve, empreinte de rêves éveillés, de désir de bâtir, de besoin de paix. C'est une rencontre qui sauve, dans une ville qui se croyait perdue.
Tout brûle autour d’Iris. Ernest, son père, qu’elle a très peu connu, est sur le point de mourir. Avant de s’éteindre, il aimerait partager avec elle sa passion de la peinture et lui faire découvrir sa magnifique collection. Les plus grands noms de la peinture y figurent : Miró, Chagall, Picasso, Modigliani… Et sa dernière acquisition : Feu Couleur #1, d’Yves Klein.
Mais la mère d’Iris, avide et à court d’argent, n’entend pas laisser échapper une telle aubaine. À ses yeux, les tableaux ne sont rien d’autre que les sommes fabuleuses qu’ils représentent. Et elle est prête à tout pour faire main basse sur l’héritage.
Dans cette situation, Iris aurait tellement besoin de compter sur quelqu’un. Mais Thurston, son meilleur ami, a disparu du jour au lendemain, comme un feu follet. Alors, que va faire Iris maintenant que tout brûle ?
Nous sommes à l'automne 1710 et la peste étend ses ailes noires sur Stockholm. Magdalena, 15 ans, grandit dans une famille riche et heureuse. Mais même les foyers les plus privilégiés de la ville ne sont pas à l'abri de la maladie, que certains considèrent comme une punition de Dieu. Lorsque la mère de Magdalena meurt, elle et sa petite sœur Ebba sont envoyées chez leur tante, tandis que leur père reste à Stockholm. Elles arrivent au château de Svartdamm, où elles rencontrent pour la première fois la sœur de leur mère, Tante Katarina, fanatiquement religieuse. Le château est beau, mais tombe lentement en ruine. Les pièces sont pleines de secrets. Pourquoi Katarina déteste-t-elle tant la mère de Magdalena ? Pourquoi Magdalena ne peut-elle en aucun cas rencontrer Axel, le beau-fils de Katarina ? Pourquoi la mère de Magdalena a-t-elle quitté sa ville natale si précipitamment ? Qui est le prêtre terrifiant qui tient tante Katarina dans la paume de sa main ? Et pourquoi l'orme derrière l'église ne perd-il jamais ses feuilles rouge sang ?
Par son titre, À nous la vie de château, le deuxième volume des aventures de Francœur semble promettre une ascension sociale fulgurante. La fratrie Dupin, jetée sur le pavé parisien en 1834, a bien grandi. Dans les méandres de la IIe République et du Second Empire, chacun•e emprunte le chemin qui lui semble le plus juste pour mener la vie d'artiste. Un besson gravit les marches vers le succès pas à pas, optant pour les compromis et la protection des puissants au rythme des changements de régime. L'autre place son idéal politique et esthétique tellement haut qu'il risque de ne jamais l'effleurer. Anna aimerait tant leur donner raison à tous deux. Mais elle a fort à faire entre sa propre carrière de romancière et les débuts chaotiques de sa petite sœur sur les planches.
Ils sont quatre, les Dupin : Anna, Isidore, Marceau, Olympia. Une romancière, un peintre, un poète, une actrice. Nés dans un coin reculé du Berry puis jetés sur le pavé parisien, comment ont-ils échappé à la misère, à la maladie et aux balles des fusils ? Pour arracher une seule réussite, combien d'amitiés trahies, de manuscrits refusés, de tableaux vendus pour une bouchée de pain, de poèmes cent fois raturés ? Combien d'hommes puissants sur leur chemin, prêts à séduire ou détruire ? « À nous la vie d'artiste ! » est le cri du cœur des jeunes Dupin, et c'est aussi le cri de ralliement de toute la génération romantique, celle qui connut la bohème et les barricades, qui voulut la gloire et la liberté, et que vous allez aimer à travers les lettres de Francœur.
« De grandes espérances est tout à la fois une histoire d’amour et un thriller, une comédie sociale et un roman populaire. On y trouve tous les ingrédients qu’on associe au nom de Dickens : un petit orphelin martyrisé, une mystérieuse fortune ou un homme de loi tortueux, mais aussi, plus insolite, un narrateur, Philip Pirrip, dit Pip, antihéros à l’humour acidulé, et qui peine à grandir tout au long de cette éducation sentimentale à l’anglaise.
Mon travail d’adaptatrice a été celui que je faisais quand je lisais Dickens à voix haute à mes enfants, et que Dickens pratiquait lui-même sur ses oeuvres quand il devait les lire en public. J’ai ôté au récit ses longueurs et ses redondances, j’ai donné aux personnages et aux phrases même cette netteté qui fait que les choses vous sautent aux yeux, que ce soit la terrifiante rencontre du petit Pip avec le forçat évadé au milieu des tombes du marais ou l’apparition spectrale de Miss Havisham, la fiancée trahie qui n’a plus jamais quitté sa robe de mariée. J’ai souhaité que De grandes espérances soit illustré comme l’étaient tous les romans de Dickens à leur parution. Les aquarelles de Philippe Dumas seront pour le lecteur autant de fenêtres ouvertes sur ce monde contrasté qui envoûta mon imagination quand j’avais seize ans, la Merry England des tavernes, des braves gens et des cottages fleuris, et l’Angleterre crépusculaire des écluses noyées sous la pluie et des bas-fonds de Londres à l’ombre du gibet d’Old Bailey.»
Marie-Aude Murail















