Thème « cultures et traditions »
Quand il était petit, Han Gan adorait dessiner. Il aimait par-dessus tout dessiner des chevaux, et toujours il voulait qu'ils aient l'air le plus vivant possible. Il était si doué que l'Empereur entendit parler de lui, et le fit entrer à l'Académie des peintres officiels. Mais là, Han Gan ne voulut peindre que des chevaux, et toujours attachés. Quand ses collègues lui demandèrent pourquoi, il répondit que ses chevaux étaient si vivants qu'ils pourraient sortir du papier. Une nuit, un valeureux guerrier vint frapper à la porte de Han Gan. Il lui dit que le pays était en danger, qu'il devait partir se battre demain, et lui demanda de faire apparaître pour lui le plus fougueux et le plus vaillant des coursiers. Han Gan se mit au travail... Il ne savait pas encore qu'il allait donner vie cette nuit-là à un cheval invincible, au caractère noble et indomptable.
Manger est un plaisir. Encore faut-il que ce plaisir ne soit pas gâché par quelqu'un qui vous coupe l'appétit. Pour ne plus dégoûter vos voisins de table, voici le guide indispensable mis au point par l'illustre Professeur Paul Hitaisse, grand spécialiste international en la matière.
« Un manuel de savoir vivre à consulter de 7 mois à 107 ans.(...) Un chef-d'oeuvre de drôlerie et de raffinement. » Elle, M.Richier, 29/8/1988
Que faire pour qu'un ogre cesse de dévorer les enfants ? Lui préparer des repas délicieux chaque jour, bien sûr ! C'est ce que fit la petite Zeralda du haut de ses six ans...
Cette année-là, la pluie ne venait pas. Une grande sécheresse sévissait. Les gens du clan passaient des heures à regarder le ciel. Mais pas un nuage ne se montrait. Tout le monde était désespéré. Sauf Petite Pluie. Le jeune garçon monta sur le dos d'un émeu et dit : « Si l'eau ne tombe pas du ciel, nous la trouverons sous terre. Partons, mon ami ! »
Quand on est un vieux loup et que c'est l'hiver, que faire ? Le loup de notre histoire va de maison en maison avec dans son sac un caillou pour faire... de la soupe au caillou. Mais chacun a une recette différente : le cochon ajouterait bien des courgettes, le cheval et le canard suggèrent des poireaux. Et ainsi de suite... jusqu'à faire une vraie soupe ! Mais notre loup n'avait-il pas une autre idée derrière la tête ?
On les appelle les EANA : les élèves allophones nouvellement arrivés. Ils viennent d’un peu partout. De Bulgarie, de Turquie, de Corée, de Grande-Bretagne ou, comme Luca, de Roumanie. Ils sont là pour un temps ou pour longtemps. Ils viennent avec leurs histoires, simples ou heurtées. C’est peut-être le travail de leurs parents qui les a amenés là, ou bien l’absence de travail. Parfois l’espoir, parfois l’absence d’espoir. Ils parlent un français dansant, boiteux, drôle. Ils portent des rêves puissants et fragiles, celui de devenir champion de Rubik’s Cube ou virtuose du violon. C’est pour toutes ces raisons qu’ils sont venus à Paris, dans la Ville lumière. Mais la lumière a aussi ses ombres.
Olia s'y connaît un peu en secrets. Ses parents sont les gardiens du château de Mila, un palais aux dômes dorés, aux jardins luxuriants et aux innombrables pièces. Il y a celles qui apparaissent et disparaissent, et des celles qui se cachent depuis des siècles. La seule personne à pouvoir y accéder est Olia. Alors qu'elle cherche un refuge lors d'une violente tempête, elle tombe sur un passage secret qui mène à une partie du château qu'elle n'a jamais vue auparavant. Un étrange réseau de pièces qui cache le secret du passé du palais... et la vérité sur ceux qui tentent de le détruire.
Dans une éolienne battue par le vent du Nord vit un ogre déprimé. Il a été renvoyé de la cantine scolaire dans laquelle il concoctait avec son fidèle commis, le Fou, des plats exquis dignes des plus grands chefs. Il a perdu son appétit pour les enfants. Jusqu'au jour où l'enfant à la chair de poule, qui est terrifié par la dureté de la vie, va bousculer son quotidien. L'ogre recueille l'enfant androgyne. Il est tiraillé entre son affection grandissante pour lui et son regain d'appétit.
Au collège André-Charles-Boulle, le monde est divisé en trois : les classiques, les gothiques et les pouffes. Zélia appartient au premier groupe. Tout chez elle est classique : son appartement aux meubles suédois, ses parents, ses copines, avec qui elle est capable de tenir des conversations en latin, ses loisirs : chorale à midi, psychothérapie le soir. Son cochon d’Inde s’appelle même Albert.
Mais Zélia se cherche, voudrait essayer autre chose : teindre Albert en noir, troquer Charlotte, Mazarine et Émilienne pour Pandémie, Morticia et Delirium Tremens, des nouvelles amies bien plus raccord avec son nouveau look ? Ou ne plus s’intéresser qu’à Paris Hilton, se barbouiller de gloss et brushinguer Albert ? Au long de cette année riche en changements pour Zélia, la seule constante, c’est Souleymane, qui remplit ses pensées et ses rêveries secrètes. Quel genre de look faudra-t-il pour ne plus être invisible à ses yeux ?
Mon nom est Sunny Nwazue et le temps m'est compté. Je suis nigériane de sang, américaine de naissance et albinos de peau. Avec mes amis de la société des Léopards et la magie dont je dispose, je peux survivre à la nuit et aux créatures qui la peuplent. Sauf que mes pouvoirs m'obligent. Et quand Udide, la Grande Araignée artiste, me convoque pour récupérer son plus grand poème mystique qui lui a été dérobé, je n'ai pas le choix. Pour elle, il faut que je m'enfonce plus loin encore dans la nuit, aux confins de la terre et même au-delà, sur la Route, où les femmes féroces de la tribu Nimm à laquelle j'appartiens l'ont dissimulé. Il en va de l'équilibre du monde visible et invisible.
Triny et Terrence n'auraient jamais dû se rencontrer. Terrence est un garçon bien élevé, premier de sa classe, appelé à faire de brillantes études, tout le monde le dit ; tandis que Triny est rom, elle n'est pas restée à l'école bien longtemps. Plus tard, elle élèvera des chevaux. Ils ont pourtant un point commun : tous deux ont fugué. Ils ont fui leurs pères autoritaires, tyranniques, exigeant d'eux une obéissance inconditionnelle. Il fallait bien que Terrence et Triny finissent pas se rencontrer. Reste à savoir comment.
Dans un vieux quartier d'Amsterdam, Knokke-le-Zoute ou ailleurs, se trouve une échoppe merveilleuse dans laquelle des centaines de boites à musique n'attendent qu'un coup de clef pour se mettre en mouvement. Chacune d'entre elles cache un monde, avec ses décors, ses personnages, ses histoires - tantôt drôles, tantôt tristes, parfois pathétiques. Ces boîtes sont des chansons ; l'échoppe, c'est le monde du Grand Jacques. Nos illustrateurs l'ont visitée. Aujourd'hui, ils viennent témoigner de ce qu'ils y ont vu.
Depuis des jours, les écuelles sont vides, tout comme les estomacs. Dans leur maison au fond des bois, le père et la mère désespèrent de nourrir leur chère progéniture. Sept bouches voraces. Sept enfants espiègles qui ont déjà bien grandi. Sauf Tipou. Difficile de trouver sa place, quand on en prend si peu… Du haut de ses treize ans, Tipou rêve d’aventure. Cela tombe bien : la forêt noire et profonde cache d’inquiétants mystères. Qui sème ces feuilles et baies sanglantes ? Pour le découvrir il vous suffit, à vos risques et périls, de suivre les traces…
Quand on est le fils d’un montreur d’ours, d’un Ursari, comme on dit chez les Roms, on sait qu’on ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Harcelés par la police, chassés par des habitants, Ciprian et sa famille ont fini par relâcher leur ours et sont partis se réfugier à Paris où, paraît-il, il y a du travail et plein d’argent à gagner.
Dès l’arrivée dans le bidonville, chacun se découvre un nouveau métier. Daddu, le montreur d’ours, devient ferrailleur, M’man et Vera sont mendiantes professionnelles, Dimetriu, le grand frère, est « emprunteur » de portefeuilles et Ciprian, son apprenti.
Un soir, Ciprian ne rapporte rien de sa « journée de travail ». C’est qu’il a découvert le paradis, le « jardin du Lusquenbour », où il observe en cachette des joueurs de « tchèquématte ». Le garçon ne connaît rien aux échecs mais s’aperçoit vite qu’il est capable de rejouer chaque partie dans sa tête. C’est le début d’une nouvelle vie pour le fils de l’Ursari…
Même avec ses joues sales et ses vêtements déguenillés, Poma est remarquable de beauté. Si belle que les soldats de l’empire inca l’ont vite repérée. Ils l’ont emmenée de force à l’alcclahuasi où d’autres adolescentes, arrachées à leur famille, vivent recluses. Poma, la sauvageonne, la fille du puma, est désormais une vierge du Soleil, une Élue promise aux dieux. On dit que l’empereur prépare une offrande au grand esprit de la montagne… C’est donc cela, le sort d’une Élue ? Poma s’y refuse de tout son être. Mais qui est assez fort pour s’opposer à Sapa Inca ?
Je vis à Boise (prononcer «boy-zee»), dans l’Idaho, l’Etat le plus ennuyeux des États-Unis, et je travaille dans un fast-food. Tout le monde me dit que je ferais mieux d’aller à l’université, mais pour l’instant, je préfère ça. C’est reposant, faire des hamburgers : des vacances pour le cerveau. Et puis, il y a Paul. En rentrant, un soir, je m’inscris à des cours de français, comme ça, un coup de foudre. Mais chez moi, la nouvelle est mal accueillie. La peur que je devienne snob, sans doute. Mais je sens qu’il y a autre chose, quelque chose de bien plus profond...















