Thème « conscience politique »
Originaire de Partanna, en Sicile, Rita Atria a grandi dans une famille mafieuse. Elle a onze ans lorsque, en 1985, son père Vito est abattu par un tueur d’une famille rivale, un meurtre que son frère Nicolo, lui aussi mafieux, jure de venger. Face à cette escalade de violence, la jeune fille décide à l’âge de 17 ans de révéler ce qu’elle sait au juge Paolo Borsellino, qui dirige le parquet antimafia de Palerme. À présent menacée de mort, la jeune fille doit quitter l’île et s’installer à Rome où elle vit sous un faux nom. Elle y découvre la liberté, trouve en Borsellino un nouveau père et rencontre même l’amour. Mais ce fragile équilibre est rompu lorsque le juge est assassiné par le clan corléonais de Toto Riina, un drame dont Rita ne se remettra pas. L’histoire de Rita n’est pas seulement un roman sur la mafia, c’est surtout un formidable plaidoyer pour la justice et la liberté.
Dans un lointain pays du bassin méditerranéen, où règne une grande précarité et où nombre de réfugiés font escale, une famille française vit confortablement. Le père, Frank, est directeur d'entreprise ; la mère, Victoire, est professeure de français. Dans leur belle maison protégée du monde par des caméras de surveillance, leur fille Judith découvre que son papa chéri n'est pas le gentil papa qu'elle s'imaginait.
Il s'est fait des copains. Il travaille bien en classe. Il est poli et gentil. Il fait l'admiration de tous, parents et professeurs. On le donne en exemple. On dit qu'il est un modèle d'intégration. Il a treize ans et il mesure 1,38 m. Alors, pour rigoler, les autres l'appellent le nain jaune. Il est l'un des deux millions de Sud-Vietnamiens qui ont fui leur pays envahi par les troupes communistes du Nord en 1975. A l'époque, on les avait baptisés les boat people. Peu à peu, avec des moyens de fortune, sa famille a reconstruit sa vie en France, terre d'asile. Grâce aux rites, aux fêtes, aux bougies, aux photos, à l'encens, aux fruits de toutes les couleurs, elle enseigne au petit dernier à maintenir la tradition du bouddhisme. Lui, écartelé entre le passé et l'avenir, ne se sent ni intégré ni gardien des traditions. Il se sent perdu. Par éclairs, il revoit des images d'avant, des souvenirs de là -bas. Une barque sur l'eau calme, un pays entier à réapprivoiser, à rejoindre.
« Dans une heure trente poser la main sur la poignée de la porte, l’ouvrir, franchir le seuil traverser le jardin dépasser le portillon, me retrouver dans la rue (…) partir vers la droite faire, quelques pas sur le trottoir, atteindre l’angle et la boulangerie, faire demi-tour rentrer. Alors... j’aurai réussi. Je serai « juste » sorti dans la rue. J’aurai « juste » marché quelques mètres dehors. Mais ce sera la première fois depuis six mois. »
Six adolescents prennent possession d’une friche industrielle pour pouvoir se retrouver entre eux. Arol rêve d’y faire pousser des fleurs et déclare son amour à Emma, la rebelle ; Sammy, entre deux livraisons de pizzas, passe y faire un tour.
Le jour où Emma fait des vidéos de la Friche, le conseiller municipal prend les choses très au sérieux ; ces adolescents deviennent dangereux, les journalistes s’en mêlent. Vite, il faut organiser quelque chose, n’importe quoi, pour séduire cette jeunesse désoeuvrée, sinon ça va mal finir.
Andrieu, jeune cinéaste français malmené par les médias, accepte une mission d'Amnesty International en Amérique du Sud pour redorer son image. Il doit rencontrer le colonel De La Pena, ministre de l'Intérieur du nouveau gouvernement de San Felicio, maître absolu de Castel Morro, le lieu où l'on interne et torture les opposants politiques depuis des décennies. Juan De La Pena est réputé pour sa violence, sa cruauté et ses accès de folie. Andrieu redoute cette rencontre mais quelque chose le pousse, qui n'a rien à voir avec ses soucis médiatiques : la curiosité face au mal, au mal absolu. « Il y a certaines choses qu'il vaut mieux pouvoir ignorer », lui dit le colonel en guise de préambule. Le jeune émissaire d'Amnesty souhaite-t-il vraiment savoir ? Veut-il connaître la nature du mal ?
« J'avais quatorze ans. En tout cas, c'est ce qu'indiquent les registres de l'orphelinat où j'avais été placé avec ma soeur. De nos parents, elle ne parlait pas, et je n'ai jamais retrouvé nulle trace... » Ainsi commence le récit de Juan De La Pena, qui est davantage celui d'un homme brisé, que d'un tortionnaire. À quatorze ans, il a été incarcéré à Castel Morro et a été soumis, ainsi que sa soeur, au supplice dont raffolait le maître des lieux de l'époque, le colonel Guarneri : prendre un prisonnier et lui proposer une tentative d'évasion qui lui coûtait invariablement la vie. La trappe de la liberté s'ouvrait sur une baie infestée de requins. Au moment d'être reconduit dans sa cellule, Juan De La Pena, au bord de la démence, a sauté. Il a sauté comme beaucoup d'autres, mais il est le seul qui ait jamais atteint la rive...
Le jour où Alma a embrassé Robin pour la première fois devant le lycée, après huit semaines de patience, de faux espoirs, de SMS, et près de vingt-six nuits passées à dormir le téléphone contre l’oreille au risque de griller ses neurones déjà bien endommagés par le coup de foudre, ce jour-là , elle a perdu sa meilleure amie.
Comment aurait-elle pu deviner que, en venant partager avec Jade son bonheur tout neuf, cette dernière lui annoncerait que tout était fini entre elles ? Et pour quelle raison ? L’ennui ! Jade s’est lassée d’Alma qu’elle trouve trop gamine, égoïste et superficielle. Certes, contrairement à son amie Jade, Alma ne s’est jamais souciée des sans-papiers ni des SDF ; elle ne milite dans aucune association et n’a jamais pris la peine de lire un seul article sur la guerre en Syrie. Mais est-ce une raison pour la chasser comme une malpropre ? Il y a autre chose. Forcément.
A l'ombre du mur, dans le cimetière de Charleroi, repose Ferdinand, l'oncle de Stéphanie. Mais quatre jeunes hommes ont décidé de répandre un parfum de poison sur ce sommeil: ils ont violé la sépulture de l'once Ferdinand. Dans la famille de Stéphanie chacun fait face comme il peut. Le père ressort de vieux papiers, des textes écrits par son frère, "Ten Kobalt", une pièce de théâtre que Stéphanie devrait jouer au lycée. Laurent, le frre, shoote plus fort dans son ballon de foot pour battre l'équipe de Liège. La mère est attentive et inquiète. Elle crie très fort pour se défouler dans les gradins du stade. Et Stéphanie monte sur scène. Elle jouera Marie-Madeleine dans "Barabbas" de Ghelderode. Barrabas, c'est Rodrigue. Il la réchauffe quand elle a froid et il ne pose pas de questions. Comme son oncle qui photographiait les nuages, Stéphanie scrute le ciel à la recherche de sa vérité. Elle glisse dans la ville endormie pour réveiller les secrets de Ferdinand. Rodrigue l'accompagne et la réconforte. Il s'approche d'elle en lui racontant de belles histoires. Mais il se pourrait qu'une autre histoire, plus terrible, les sépare.
L’ensemble des besoins des êtres humains peut être classé en cinq catégories. Aujourd’hui, cette théorie est le principe d’un nouveau jeu de télé-réalité : La pyramide des besoins humains. Nous sommes 15 000 candidats, et dans cinq semaines il n’en restera plus qu’un.
Et moi dans tout ça ? Disons que je m’appelle Christopher Scott. Disons que j’ai dix-huit ans. Que j’habite sur un morceau de carton, dans la rue, à Londres. Enfin, peu importe mon nom, peu importe mon âge. Je suis le candidat no 12778. Je n’existe pas encore. Mais je risque fort de devenir quelqu’un, et même quelqu’un de célèbre. Et c’est bien ça le pire.
À l’âge de sept ans, Youri sait déjà tout de « la Glorieuse Révolution ». Ou plutôt du « Glorieux Mensonge », comme le chuchote sa grand-mère pour ne pas être entendue des voisins. Les Chefs de la Glorieuse Révolution ont renversé le Tsar pour délivrer le pays de la corruption.
En réalité, rien n’a changé. Les années passent, les gouvernements se succèdent. Le Père Trofim a éliminé les autres Chefs pour instaurer un régime de terreur. Autour de Youri, des gens disparaissent. Car il suffit désormais d’un seul mot déplacé pour être envoyé « là -bas », à l’autre bout du pays. D’où personne n’est jamais revenu.
Youri a maintenant douze ans. Il a pris l’habitude de vivre avec les privations et la peur. Il se pose beaucoup de questions sur les fissures du système. Même s’il sait qu’il doit se taire pour rester en vie et protéger sa famille. Jusqu’au jour où Youri ne parvient plus à contenir sa révolte.
Un homme est mort à la Filature, devant sa machine, le bras arraché, la mâchoire fracassée. Accident du travail ? Règlement de comptes ? Rivalité amoureuse ?
Personne n’est capable de le dire. C’est tout juste si la direction de l’usine autorise ses camarades à prononcer son prénom. Son nom, il n’en est pas question.
Autour du cadavre d’Axel T., 24 ans, les intérêts et les convictions s’affrontent. Dans le camp des ouvriers, on pressent la vérité. Le patron veut imposer la sienne.
L’inspecteur du travail Mickiewicz s’acharne à la débusquer. Opiniâtrement. Aidé par Justin, un jeune mécanicien idéaliste. Autour de l’usine, la Grande Guerre se profile, le vieux monde s’inquiète.Des hommes vont disparaître, mais c’est aussi le XIXe siècle, le travail des enfants et quelques injustices qui sont appelés à mourir…
En 1973, lors de la grande lutte des employés Lip à Besançon, bien qu’enceinte et enrhumée, Élisabeth Motsch était là , pour filmer des ouvrières, dont le tonus, la clairvoyance et la joie de vivre l’ont fait rêver. En 2007, en résidence d’auteur en Picardie, elle a découvert les vestiges de brique d’une immense activité industrielle, écouté des récits chaleureux, dramatiques, vivants, et un roman s’est écrit peu à peu, puis une pièce en a été tirée.
Un grand frère et sa petite soeur sont à l’intérieur d’un grand magasin. Pendant que leur mère tarde à finir ses courses, ils regardent, de l’autre côté de la vitre quelqu’un, couché sur le sol, les yeux clos, emmailloté de la tête jusqu’aux pieds. Pourquoi est-il là ? Et où était-il avant d’être là ? se demandent-ils. Est-il est déjà mort ou en train de mourir ? Il fait si froid dehors. Mais voici qu’il ouvre les yeux, les voit derrière la vitre, et leur fait signe. Que faire ?
La soeur — Je ne veux pas voir ça. Il me fait mal au cœur. Qu’est-ce qu’on peut faire ?
Le frère — Rien. C’est un adulte.
La soeur — Je vais voir.
Le frère — Non.
La soeur — Je sors.
Le frère — Tu ne bouges pas. S’il t’arrive quelque chose, c’est moi qui serai responsable.
La soeur — Qu’est-ce que tu veux qu’il m’arrive ?
Le frère — Je ne sais pas. Imagine qu’il ait une arme.
Rue de la Tour à Paris, une fenêtre éclairée sous les toits. Derrière cette fenêtre, un homme écrit un éditorial pour le journal L’Humanité. Il s’appelle Jean Jaurès. Ses écrits, ses prises de position, son désir profond de changer le monde l’ont mis en danger d’être assassiné. Le peuple de Paris a juré de le protéger. Ils sont jeunes ou vieux, ils s’appellent Suzanne, Lucien, Mallavec, Paul.
En cette fin du mois de juillet 1914, ce peuple-là ne veut pas de la guerre, et personne n’y croit vraiment. Paul a 15 ans, et son esprit est dévoré par l’amour fou qu’il éprouve pour Madeleine, une jeune fille de la bourgeoisie à qui il n’est pas censé adresser la parole.
Ce soir-là , rue de la Tour, en gravissant les marches qui mènent à la chambre de Jaurès, Paul ignore que cet homme va non seulement lui accorder sa confiance, mais devenir le confident de son secret, et lui donner la force de changer son destin.
Tout est parti d'une case de formulaire que Marin n'arrivait pas à remplir… Comment pourrait-il savoir quels sont ses antécédents médicaux alors qu'il ne connaît pas ses parents ? Enfin… ses parents biologiques. Marin est un enfant de la PMA. Il est né en 2016 grâce à un double don de sperme et d'ovocytes. Maintenant qu'il a dix-huit ans, il est en âge de consulter son dossier de naissance et d'apprendre l'identité des donneurs. Mais en a-t-il vraiment envie ? Et surtout est-ce le bon moment d'enquêter sur son passé alors que le présent lui tend les bras ? Paris où il vient de s'installer, ses études de cinéma, les rencontres inattendues dans les cafés… Mais le hasard est moqueur et les coïncidences parfois obstinées. Marin va devoir l'ouvrir, ce dossier.
Dans un pays, la guerre fait rage. Des enfants sont enrôlés sous la houlette d'un tyran-clown : Tonton-les-Gosses. Il vient de trouver un petit garçon abandonné, le Mioche. Dans son régiment d'enfants-soldats, il l'entraîne comme les autres à devenir un monstre. Dans un monde devenu fou, les mots et les balles s'entrechoquent. Le Mioche trouve un refuge dans le silence, dans l'écoute de ses compagnons d'infortune, il traverse toutes les épreuves qui l'arracheront à son enfance.
À quatorze ans, Matt est un Seigneur de la drogue. Après la mort d’El Patrón dont il était le clone, l’adolescent a hérité d’Opium, un pays créé de toutes pièces entre les États-Unis et le Mexique pour y développer la culture du pavot et fournir en drogue les trafiquants du monde entier. Aujourd’hui, tous s’attendent à le voir suivre les traces de l’ancien Seigneur d’Opium, dont il partage l’identité, l’ADN et peut-être davantage…
Pourtant Matt a d’autres ambitions. Il compte en finir avec la culture de la drogue et libérer les eejits, ces clandestins transformés en esclaves-zombies programmés pour travailler sans relâche dans les champs de pavot. Mais avant d’y parvenir, il doit apprendre à se faire respecter et tenir à distance les autres Seigneurs de la drogue prêts à fondre sur son territoire, comme le terrifiant Glass Eye Dabengwa.
Quitte à suivre les conseils que lui murmure à l’oreille une voix familière, celle d’El Patrón, comme revenu d’entre les morts…















