Thème « conditions de vie »
Par une nuit de janvier 1690, alors que la tempête se lève sur la Manche, une petite troupe d’individus patibulaires s’embarque à la sauvette et quitte la côte anglaise en abandonnant à terre un garçon de 10 ans.
Pourquoi cette fuite et pourquoi cet abandon ? La réponse à cette question se trouve en quelque sorte gravée dans le visage de l’enfant, et pèse d’un poids tragique sur la conscience des fuyards. Chacun va vers son destin. Celui du garçon s’accomplira au prix de révélations qui lui découvriront qui il est au juste, et pourquoi on a conspiré à faire de lui un monstre.
Mieux encore que Les misérables ou que Notre-Dame de Paris, ce livre démontre la toute-puissance d’une plume inspirée. Dans ce roman à couper le souffle, Victor Hugo, champion poids lourd de la littérature, charge son encre du credo progressiste, auquel sa force de frappe donne un écho formidable. Ces pages nous arrivent toutes sonores des « coups de gueule » d’un génie débridé. Elles déclenchent l’enthousiasme.
Jeff et son frère Norbert ont trouvé un fugitif dans la cave de leur immeuble. Est-ce un migrant ? Un criminel en cavale ? Un malade mental ? Impossible à dire. L’homme est étrange, il a la peau trop blanche, les yeux sans pupilles, et il ne s’exprime qu’en faisant claquer sa langue. Il semble traqué, mais il refuse de s’éloigner de la tour où habitent les deux frères. Comment vont-ils le cacher alors que l’immeuble, voué à la démolition, sera détruit dans quelques semaines ?
« On a beau faire, quelquefois, c’est comme si on avait le monde entier contre soi. Et au collège plus qu’ailleurs. Jugez un peu : Un cahier enfoui pour cacher de mauvaises notes ; le chien du proviseur, Eschyle, qui le déterre pour jouer ; des professeurs qui ont tout sauf le sens de l’humour et de la mesure, et qui tous me désignent comme coupable, aussitôt c’est la menace d’une exclusion définitive. Mais à Odessa, en 1895, être exclu du collège, cela veut dire être mis à l’écart de la société. C’est presque être condamné à mort. Alors, moi qui aime apprendre, moi qui veux apprendre, comment pourrais-je échapper à une telle sentence ? »
Stella et Adèle ont 17 ans. Elles vivent dans le nord de la France. Leur vie est à l’image d’un ciel gris, plombé. Tous les jours, elles se retrouvent sur le toit-terrasse d’un immeuble. Stella compte les fenêtres allumées, observe les gens qui passent, qui vivent, qui courent. Adèle attend que son fiancé l’appelle. Chacune d’elles, pour échapper à son histoire, invente les histoires des autres, histoires d’amour, de trahison, de solitude, histoires de haine. C’est ainsi qu’elles imaginent leur vie d’adulte. Elles n’en veulent pas.
George, la mère, se débrouille de façon plus ou moins légale pour faire bouillir la marmite de la famille. Elle répare le four cassé à coups de pompe à vélo. Elle prétend qu'il s'agit d'être aussi inventive que la panne. Forcément, il y a des bonnes âmes pour la traiter de sorcière. Trick et Tin, les petits frères jumeaux de cinq ans, parlent entre eux dans une langue bizarre. C'est de la cryptophasie, et il paraît que c'est courant. Élisabeth, dite Éli, elle, s'évade parfois dans la forêt de cette vie trop originale et pas toujours facile, en rêvant à Marcellin Loiret. Elle se demande pourquoi les autres ne peuvent pas les aimer comme ils sont : « Dans le monde, il faut bien des sorcières et des petits jumeaux et une adolescente amoureuse de son professeur de mathématiques. Pourquoi pas ? »
Mais le jour où elle entend pour la première fois la vérité sur ses racines, Élisabeth a le souffle coupé par la révélation. Et les jambes. Au point de soudain ne plus pouvoir marcher. Marcher, ça veut dire avancer, fonctionner ou être dupe. C'est son tour, à présent, de devoir se montrer aussi inventive que la panne.
Arielle Lefranc est nouvelle à l'École Saint-Charles, un pensionnat de jeunes filles installé dans un somptueux manoir XVIIIe, avec parc, rivière, arbres centenaires, uniformes bleu marine, traditions et extinction des feux à dix heures. Dès le premier jour, parce qu'elle est arrivée dans la R5 de sa mère mais a prétendu que son père dirigeait une grosse société, les autres l'ont rangée dans le clan des Parvenues. Il y a trois clans à Saint-Charles : Parvenues, Aristos, Intouchables. Le préclassement va de soi. Il est fonction du nom, de la fortune, de l'origine. Quant à l'admission définitive, c'est une autre affaire. Il s'agit de subir diverses épreuves comme la mort subite, la traversée du cimetière voisin à minuit pile... Ou encore d'inventer une blessure horrible à infliger à un membre d'un clan adverse. D'abord révoltée, puis intriguée, et enfin amusée et conquérante, Arielle décide de se distraire en enquêtant sur ce que les autres lui cachent. Mais la pire épreuve qu'elle va rencontrer au fond du parc, personne, ni l'Aristo la plus perverse, ni l'Intouchable la plus vengeresse, n'aurait pu en avoir l'idée...
Johanna est une enfant naturelle qui vit, dans les années 20 et le début des années 30, chez des parents nourriciers, petits paysans du Burgenland, en Autriche. Elle n'est pas malheureuse, mais elle voudrait apprendre un métier : devenir couturière et conquérir son indépendance. Or cet apprentissage n'est possible que dans la commune dont elle est ressortissante, c'est-à -dire là où est née sa mère. Si bien que l'assistante sociale reconduit la fillette et la confie, à l'âge de 13 ans, aux soins du « conseiller de bienfaisance » (on dirait maintenant : chargé du bureau d'aide sociale) d'un petit village de Basse-Autriche. Et celui-ci déclare : « Tu viendras chez nous, comme bonne. Il ferait beau voir que les enfants naturels décident de leur sort ! » Ainsi, pendant des années et sans être payée, Johanna est obligée de travailler à la ferme avant de parvenir enfin à s'affranchir de cette tutelle au point de pouvoir trancher elle-même de son avenir et de celui de son enfant à naître.
L'évolution de la petite fille à la femme et son passage à la réflexion et à l'action autonome sont ici décrits avec une grande pertinence psychologique. Les implications des destins individuels et de la situation politique et sociale contribuent à brosser un tableau réaliste de l'Autriche à cette époque. Le destin de Johanna n'est pas unique. Son histoire, inspirée d'une biographie authentique, est représentative de celle de toute une masse de défavorisés pour qui la discrimination sociale et la vie sous tutelle furent trop longtemps le pain quotidien.
Lila s’envole pour Tokyo avec dans son sac une urne contenant les cendres de son frère Krimo qu’elle transporte clandestinement, bravant divers interdits. Si elle entreprend ce long voyage, c’est pour respecter les ultimes volontés de ce dernier, tué alors qu’il tentait d’échapper à la police, une nuit à Grigny. Mais Krimo n’était pas un délinquant, il essayait seulement d’aider leur aîné à tous les deux, Redouane, accusé d’avoir trempé dans une sale affaire de drogue et incarcéré depuis. Heureusement, dans son périple Lila peut compter sur les conseils d’Adel, qu’elle a rencontré à l’aéroport, un jeune génie aussi maladroit qu’attachant, par ailleurs grand spécialiste du Japon et de sa culture. Réussiront-ils à échapper à la mystérieuse silhouette qui les traque depuis leur départ de Paris ?
Moyen Âge. Les rats ont envahi la paisible bourgade d’Hamelin. Vous croyez connaître cette histoire ? Vous savez qu’un joueur de flûte va arriver, noyer les rats en musique, puis les enfants d’Hamelin ? Oubliez ces sornettes. La véritable histoire est bien pire, et c’est grâce à Mirella, une jeune fille de quinze ans, qu’on l’a enfin compris. Cette crève la-faim a un don ignoré de tous : elle voit ce que personne d’autre ne voit. Par exemple, elle a repéré cet homme en noir qui murmure à l’oreille de ceux qui vont mourir de la peste… Et ça lui donne une sacrée longueur d’avance. Y compris sur le plus célèbre dératiseur de tous les temps.
Californie Whipple, douze ans, est emmenée de force de son Massachusetts natal jusqu’à l’autre bout du continent. Changeant son prénom honni en « Lucy », elle pose un regard sévère et consterné sur sa nouvelle maison : une tente plantée au milieu d’un tas de boue et de poussière, cernée par des chercheurs d’or alcooliques et incultes. Mais les tas de poussière et les grossiers personnages peuvent réserver de sacrées surprises…
La Bête humaine réunit tous les ingrédients du polar : un meurtre (voire plusieurs), du sang, de la violence, une femme fatale, du suspense, des scènes chocs, une enquête avec arrière-plans politiques, notables véreux et magistrats carriéristes… et, bien sûr, au moins un assassin. Nul d’entre ces gredins ne se retiendra de tuer s’il y trouve son compte : l’un le fera par jalousie, l’autre par brutalité, le troisième par intérêt, un quatrième pour se venger ou simplement par bêtise, ou par calcul, ou pour l’argent.
Le seul (ou presque) à susciter l’indulgence est le criminel-né, le cheminot qu’affecte un besoin maladif de poignarder une femme. Ce malade trouvera-t-il, dans les délices d’un amour partagé, la force de vaincre la tare héréditaire qui pèse sur lui ? Mérite-t-il d’ailleurs d’échapper à son destin ? C’est toute la question que pose cet épisode très noir du cycle des Rougon-Macquart.
Selda a quitté la Turquie avec sa famille pour venir vivre en Suisse. Isolée dans sa famille, incapable de s'exprimer en allemand, rejetée par sa classe, elle tente pourtant de s'intégrer dans ce pays d'accueil. Parce qu'elle a une nature gaie et qu'elle est aussi courageuse que sa vieille grand-mère qui, là -bas, derrière les murs de la maison d'Izmir, guette ses premiers succès. À force de courage, d'intelligence et de tendresse, Selda apprivoise doucement cette Suisse à la fois si parfaite et tellement inhumaine. Un jeune immigré clandestin, Ferhat, lui sauve la vie. Ensuite elle rencontre Gisèle, qui meurt de faim dans sa grande villa du quartier chic. Ce sont des amis comme jamais elle n'en avait espéré. Ils se trouvent bientôt engagés tous les trois dans une aventure tragique. Selda et Gisèle parviendront-elles à briser le piège qui se referme sur Ferhat ?
Personne ne choisit vraiment de vivre au 33, Georgiana Street. L’immeuble est situé dans un quartier peu engageant de Londres. Les appartements sont minuscules, sales, délabrés. L’électricité et le loyer se paient à la semaine. Seul avantage du lieu : Steve, le propriétaire, ne pose pas de questions.
Pour un garçon de 17 ans qui a fugué, l’endroit est idéal. Sam s’est réfugié à Londres parce que, ici personne ne sait qui il est, ni ce qu’il a fait.
Cerise et sa fille Bohême sont deux autres nouvelles locataires qui déménagent au gré des petits amis de Cerise. À 10 ans, Bohême se débrouille toute seule, car sa mère est bien trop fragile et perdue pour arriver à s’occuper de sa fille.
Au 33, Georgiana Street, on évite de se mêler des affaires des autres. Mais Bohême va bouleverser la vie de l’immeuble. Elle a besoin d’un ami, et c’est Sam qu’elle a choisi.
Le jour où Alma a embrassé Robin pour la première fois devant le lycée, après huit semaines de patience, de faux espoirs, de SMS, et près de vingt-six nuits passées à dormir le téléphone contre l’oreille au risque de griller ses neurones déjà bien endommagés par le coup de foudre, ce jour-là , elle a perdu sa meilleure amie.
Comment aurait-elle pu deviner que, en venant partager avec Jade son bonheur tout neuf, cette dernière lui annoncerait que tout était fini entre elles ? Et pour quelle raison ? L’ennui ! Jade s’est lassée d’Alma qu’elle trouve trop gamine, égoïste et superficielle. Certes, contrairement à son amie Jade, Alma ne s’est jamais souciée des sans-papiers ni des SDF ; elle ne milite dans aucune association et n’a jamais pris la peine de lire un seul article sur la guerre en Syrie. Mais est-ce une raison pour la chasser comme une malpropre ? Il y a autre chose. Forcément.
L’ensemble des besoins des êtres humains peut être classé en cinq catégories. Aujourd’hui, cette théorie est le principe d’un nouveau jeu de télé-réalité : La pyramide des besoins humains. Nous sommes 15 000 candidats, et dans cinq semaines il n’en restera plus qu’un.
Et moi dans tout ça ? Disons que je m’appelle Christopher Scott. Disons que j’ai dix-huit ans. Que j’habite sur un morceau de carton, dans la rue, à Londres. Enfin, peu importe mon nom, peu importe mon âge. Je suis le candidat no 12778. Je n’existe pas encore. Mais je risque fort de devenir quelqu’un, et même quelqu’un de célèbre. Et c’est bien ça le pire.
Un homme est mort à la Filature, devant sa machine, le bras arraché, la mâchoire fracassée. Accident du travail ? Règlement de comptes ? Rivalité amoureuse ?
Personne n’est capable de le dire. C’est tout juste si la direction de l’usine autorise ses camarades à prononcer son prénom. Son nom, il n’en est pas question.
Autour du cadavre d’Axel T., 24 ans, les intérêts et les convictions s’affrontent. Dans le camp des ouvriers, on pressent la vérité. Le patron veut imposer la sienne.
L’inspecteur du travail Mickiewicz s’acharne à la débusquer. Opiniâtrement. Aidé par Justin, un jeune mécanicien idéaliste. Autour de l’usine, la Grande Guerre se profile, le vieux monde s’inquiète.Des hommes vont disparaître, mais c’est aussi le XIXe siècle, le travail des enfants et quelques injustices qui sont appelés à mourir…
En 1973, lors de la grande lutte des employés Lip à Besançon, bien qu’enceinte et enrhumée, Élisabeth Motsch était là , pour filmer des ouvrières, dont le tonus, la clairvoyance et la joie de vivre l’ont fait rêver. En 2007, en résidence d’auteur en Picardie, elle a découvert les vestiges de brique d’une immense activité industrielle, écouté des récits chaleureux, dramatiques, vivants, et un roman s’est écrit peu à peu, puis une pièce en a été tirée.















