Thème « Antiquité : Rome »
Saviez-vous que les prêtres romains examinaient soigneusement le foie d'un lapin et d'un faisan capturés sur le site d'une future cité pour savoir si la région était salubre ? Saviez-vous qu'un amphitéâtre était conçu pour que ses 20 000 spectateurs puissent entrer ou sortir en moins de dix minutes ? Et que le sol, au centre de l'arène, contenait de profonds bassins qui pouvaient être remplis pour mettre en scène des batailles navales ? Connaissez-vous la signification des mots suivants : castrum, cardo, decumanus, groma, ou encore pouzzolane ? Saviez-vous que, pour les Romains, une ville bien conçue contribuait davantage à la sécurité et à la paix de l'Empire que deux camps militaires ? David Macaulay vous invite à revenir deux mille ans en arrière pour assister à la construction et à l'évolution de Verbonia, magnifique exemple de l'ingéniosité et de la puissance romaines. Verbonia est une ville virtuelle, mais son plan et son architecture sont inspirés des cités fondées entre 300 av. J.-C. et 150 ap. J.-C. David Macaulay l'a imaginée sous le règne d'Auguste. Des centaines de cités construites en majorité par des esclaves et par des prisonniers de guerre, gaulois, grecs ou égyptiens... L'histoire de sa conception nous révèle l'étonnante alliance de la religion et des techniques les plus sophistiquées pour régler la vie quotidienne dans ses moindres détails. Elle nous montre aussi à quel point les urbanistes essayaient de satisfaire les besoins de tous, des riches comme des pauvres. Les Romains savaient qu'une ville n'était pas seulement un centre commercial, politique et religieux, mais aussi et surtout qu'elle devait être un lieu où les gens avaient envie de vivre.
Rome, été 80. L’empereur Titus est au plus bas dans l’estime de ses sujets. Pour y remonter, après une série de malheurs, dont le moindre n’est pas le grand incendie qui a détruit la ville, il décide d’offrir au peuple cent jours de somptueux jeux du cirque. Les défilés d’animaux et les combats de gladiateurs se tiendront dans le flambant neuf amphithéâtre Flavien, qui n’est autre que le Colisée. Mais, dans cette période inquiète et violente, la ville fourmille de complots. L’un d’eux vise justement Vérus, l’un des plus célèbres gladiateurs de tous les temps. Il va falloir l’ingéniosité et l’intrépidité de deux petits marchands de fruits ambulants, Octavius et son amie Antonia, pour déjouer la machination…
Quand Virgile entreprend d'écrire l'Énéide, il est déjà un poète célèbre, ami d'Octave, le futur Auguste. Celui-ci vient de triompher d'Antoine et de Cléopâtre, à Actium (31 av. J.-C.), et veut établir dans le monde une paix fondée sur la réconciliation entre les peuples... sous la bienveillante protection de Rome. Virgile lui apportera son aide en chantant la grandeur de Rome et en justifiant son rôle hégémonique. Selon d'anciennes légendes, Énée, prince troyen, gendre du roi Priam, avait pu échapper aux Grecs lors du sac de Troie, et emmener avec lui quelques compagnons d'infortune. Un oracle leur avait promis qu'ils fonderaient une nouvelle Troie dans un pays mystérieux, l'Hespérie, pays du Couchant. Après un long périple en Méditerranée, ils s'installent par la force dans le Latium, contre le gré de certains peuples, mais en s'alliant avec d'autres. C'est ainsi qu'étaient nés les ancêtres de Rome. Virgile montrera que le peuple romain a un passé aussi noble que celui des Grecs. Parmi ces Romains, une famille est privilégiée, car elle descend directement des dieux les plus anciens : il s'agit de la gens Iulia - celle de César et d'Auguste -, qui revendique comme fondateur de sa lignée le fils d'Énée, Iule. Énée est transformé par Virgile en un héros mythique, véritable conducteur de peuples. Ses combats sont l'accomplissement d'une mission au cours de laquelle il est constamment guidé par les dieux. Sa qualité essentielle est la pietas : amour de la famille, fidélité indéfectible envers la patrie, et surtout soumission aux dieux. Dès lors, ceux-ci prennent Énée en charge, lui expliquent les épreuves qu'il endure, lui montrent comment il doit les affronter et, surtout, entrouvrent pour lui, au fur et à mesure, les fenêtres de l'avenir. Cela explique que les récits de l'Énéide ne connaissent pas de limite d'espace ni de temps. Le destin de Rome se joue sur les trois grands continents alors connus : l'Asie, l'Afrique, l'Europe ; celui d'Énée passe par l'amour de trois femmes : Créüse en Asie, Didon en Afrique, Lavinie en Italie. L'action se déroule non seulement sur la terre, mais également dans le ciel, où les dieux parlent et agissent, s'affrontent même, et aux enfers, où ils apurent les comptes du passé avant de préparer l'avenir. Le temps lui-même est aboli : l'avenir fait déjà partie du présent, qui lui-même intègre le passé le plus reculé. Virgile fait vivre son héros dans l'éternité. Il donne ainsi pleinement vie aux affirmations de la propagande d'Auguste : Rome a une vocation d'éternité, celle de réunir en elle tous les peuples qui ont été déchirés par les maux et les guerres du passé, et de les guider vers l'établissement d'une cité à la fois humaine et divine. Pierre Monat, professeur à l'université de Franche-Comté


