Fournir partout dans le monde un Internet rapide et fiable est devenu un enjeu fondamental, presque aussi important que l’accès à l’eau ou à l’électricité. Conscient des impératifs liés à la préservation de l’environnement et à l’inclusion de tous, le secteur des télécommunications, en pleine expansion, se développe autour de solutions frugales.
Comment faire mieux avec moins, sous-titrait en 2015 le chantre de l’innovation Jugaad, Navi Radjou. L’universitaire y vante les vertus de l’innovation frugale. Une pensée à priori peu compatible avec le monde de la high tech. Et pourtant, appliquée à la connectivité, cette approche low tech devient centrale lorsqu’il s’agit d’amener du réseau dans des zones très reculées, souvent en plein cœur de la nature, dans un souci de protection de l’environnement. Ces zones non couvertes sont appelées des « zones blanches » ou « white spot » en anglais. On peut aussi parler de « blind spot » (« zone aveugle »), ou encore de « notspot » (« zone inexistante »).
Les leaders des télécommunications sont souvent frileux à l’idée de s’étendre en-dehors des villes du fait d’une faible densité de population et du coût des infrastructures à mettre en place. Des réseaux libres et moins chers émergent pour combler ces trous comme Guifi.net en Espagne, Athens Wireless Metropolitan Network en Grèce ou encore FunkFeuer en Autriche.
Il est ainsi possible de créer des réseaux Wi-Fi frugaux. Le plus grand réseau non amplifié à ce jour s’étend sur 384 km au Venezuela, entre le Pico El Águila et Platillón. Ce Wi-Fi longue distance utilise un spectre d’ondes non-réservé (2.4 et 5 GHz), coûte moins cher et consomme peu (30 kW). Grâce à ce système, Air Jaldi Networks, en Inde, fournit un accès Internet aux quelques 20 000 usagers de ces régions montagneuses. Alimentés en photovoltaïque, les relais sont positionnés tous les 50 km environ.