Audren
Audren est née à Paris en 1962. Elle a deux filles, un compagnon musicien, un sens olfactif très développé, une licence de Lettres et d’Arts plastiques et un très gros poisson rouge. Elle a vécu aux États-Unis, en Angleterre, en Italie. Elle aime butiner la planète, découvrir des lieux, comparer des cultures, voyager. Elle aime rompre le train-train quotidien en chantant (plusieurs CD à son actif dont le single "The Darkstone will shine" qui a fait le tour du monde, mais aussi des musiques de films et de jeux vidéo) et en écrivant des romans, des poèmes, des chansons.
"J'écris depuis l'âge de  quinze ans et j'ai des histoires plein mes tiroirs..."
Voilà de quoi réjouir les lecteurs  d'Audren qui s'enthousiasment pour son univers si particulier, son humour décapant et ses personnages peu ordinaires.
Une bombe terroriste dans un hôtel, une maladie éprouvante, la mort et le danger l’ont quelquefois frôlée. Depuis, elle vit chaque instant comme un bonus de bonheur.
Site internet : audren.com
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Entretien vidéo avec Audren


 
Bibliographie

Auteur
Titre Illustrations de Collection
Autre (L')Médium  2006
Paradis d'en bas (Le)- tome 1Neuf  2006
Poisson qui souriait (Le)Neuf  2006
Question des Mughdis (La)Médium  2006
Aventures d'Olsen Petersen (Les) - tome 1. NeufMédium  2007
Aventures d'Olsen Petersen (Les) - tome 2. J'ai été vieuxMédium  2007
J'ai eu des ailesNeuf  2007
Mots maléfiques (Les)Mouche  2007
Petit prince noir et les 1213 moutons (Le)Neuf  2007
Réservé à ceuxNeuf  2007
Aventures d'Olsen Petersen (Les) - tome 3. Mais où étiez-vous, Petersen? Médium  2008
Bizarre, bizarreBonameauMouche  2008
Paradis d'en bas (Le)- tome 2Neuf  2008
Puisque nous sommes toiMédium  2008
C'est l'aventure !Médium  2009
Celle que j'aimeBlakeMouche  2009
Mon sorcier bien-aiméNeuf  2009
Remplaçante (La)Théâtre  2010




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Trois mots d’Audren
Écriture
Mes livres germent et poussent autour d’un mot, d’une expression ou d’une situation rencontrée dans la journée. Je ne sais jamais ce qui va se passer. Je découvre ce que j’écris en l’écrivant, comme si j’étais lectrice de mon roman. Je suis souvent très étonnée par la tournure que prennent les événements au cours des chapitres.Parfois je flirte avec la magie, et les mondes parallèles ; parfois, je suis plus ancrée dans la réalité ; la fantaisie, l’humour et la bizarrerie prennent la place de mon surnaturel quotidien. On a affaire à des gens «normaux» pas très normaux quand même… Il faut bien que je m’amuse en écrivant, autrement ça ne m’intéresse pas. Écrire, c’est comme respirer. C’est vital. Je suis ravie de recevoir des compliments sur mes romans, mais je ne cherche pas à séduire qui que ce soit
lorsque j’invente une histoire. Je cherche à m’évader, à voyager. Qui m’aime me suive, je ne viendrai chercher personne… mais comme je serais triste si personne ne me suivait !
Voyage
Enfant, j’avais un grand besoin d’indépendance. Me voilà, pré-ado, visitant mes amis anglais deux ou trois fois par an, seize heures de train, bateau, douane, changement de gare à Londres, etc.
À quinze ans, j’emmène mon cousin de dix ans visiter
l’Écosse, sans savoir vraiment ce que nous découvrirons ni où nous dormirons. Puis c’est l’Irlande, profonde et humide, où j’atterris avec mon frère, dans une famille atroce. Je dors dans un lit qui grouille de charançons, je me lave dans une baignoire noire au fond de laquelle j’ai nettoyé un petit coin à l’eau de Javel pour poser mes pieds.
Ensuite, chaque été, ce sont d’interminables voyages jusqu’à Corfou. D’interminables traversées de l’Italie, de la Yougoslavie, des nuits sur les quais, à la belle étoile ou dans le fourgon postal ! Puis je rêve de plus loin, de plus dépaysant encore… alors… viennent Vancouver, le Canada, les réserves indiennes, les rodéos au bout des pistes poussiéreuses…
À seize ans enfin, accompagnée de ma meilleure amie, je traverse l’Europe de long en large, sac à dos, cartes en poche, aucune angoisse, juste l’envie de tout voir, de tout découvrir : les opéras de Vérone, les pâtisseries viennoises, la crasse des auberges de jeunesse, les junkies de Bologne. La veille de mes dix-huit ans, je pars seule habiter en Californie, puis à New York. Je ne sais pas ce que je ferai là-bas. Je chanterai, je danserai, je traverserai le pays en Grey Hound. Je vivrai…
Rébellion
Je déteste les clivages. Par exemple, je me révolte contre les parents qui nourrissent mal leurs enfants à la cuisine tandis qu’ils se tapent un festin dans la salle à manger. Pour la littérature, c’est la même chose. Pourquoi les enfants n’auraient pas droit au même plat que leurs parents ? (du moment que ce n’est pas trop pimenté, alcoolisé, ou dangereux pour leur santé).
J’ai toujours eu un faible et même un fort pour l’éducation anglo-saxonne, plus créative, plus ouverte, plus ludique que chez nous.
Je n’aime pas ces familles qui, sous prétexte de «blinder » leurs enfants, de les préparer à la « vraie vie », les privent de merveilleux moments d’insouciance et de légèreté. Il me semble qu’un adulte équilibré a souvent été un poussin empoté et assisté dans son enfance. Nous avons tous besoin d’un matelas d’insouciance, d’une référence sur laquelle nous allonger pour décrocher dans les moments difficiles. Si nous n’avons pas eu l’occasion de nous fabriquer ce matelas, sur quoi nous reposer lorsque la vie se complique ? En permanence, j’interroge le réel. Il ne me répond pas. Il me dérange bien plus que l’absurde, mon ami de toujours.
Extrait du catalogue Mouche, Neuf 2008