Anaïs
Vaugelade
Illustrateur
Anaïs Vaugelade est née à Saint-Ouen en 1973. Elle a vécu dans les Basses-Pyrénées jusqu'à dix-sept ans, puis est venue à Paris pour faire de la photo à l'école des arts décoratifs, et, parallèlement, des livres pour enfants à l'école des loisirs.
Outre son goût prononcé pour les loups (Une soupe au caillou et L’anniversaire de Monsieur
Anaïs Vaugelade est née à Saint-Ouen en 1973. Elle a vécu dans les Basses-Pyrénées jusqu'à dix-sept ans, puis est venue à Paris pour faire de la photo à l'école des arts décoratifs, et, parallèlement, des livres pour enfants à l'école des loisirs.
Outre son goût prononcé pour les loups (Une soupe au caillou et L’anniversaire de Monsieur Guillaume) et pour les crocodiles (série des "Zuza"), Anaïs Vaugelade est une grande spécialiste des cochons (série de la famille "Quichon"). Ceux qui lisent ses livres ou reçoivent ses cartes de vœux – ou les deux – le savent depuis longtemps : elle est aux cochons ce que Claude Ponti est aux poussins. En savoir plus
TOMATES EN BOITE ET FLEUR DE BONBON Il y a à L’Ecole des Loisirs des pionniers, des vétérans, des classiques, de très vieux dessinateurs dont la carrière est terminée, des morts qui ne mourront jamais tout à fait. Il y a ceux à qui tout est permis, tout est promis, les futurs grands, les débutants. Et puis il y a Anaïs Vaugelade, qui est la plus jeune de tous et la petite dernière, ce qui n'est pas une mince responsabilité. A 17 ans, Anaïs quitte le Sud-Ouest où ses parents étaient partis, dans les années soixante-dix, reconstruire des bergeries. Elle veut devenir peintre : «Je m'imaginais allant chaque jour dans un grand atelier lumineux, et travaillant là pendant neuf heures avec humilité, ordre et sérénité. C'était un fantasme, bien sûr, je suis beaucoup trop impatiente pour ça. Quand je commence à travailler sur une histoire, je sais d'avance que pendant deux semaines, je ne vais pas tellement me laver et manger des tomates en boîte.» De fait, les qualités les plus évidentes d'Anaïs sont la franchise, l'humour, l'opiniâtreté et la sveltesse (mais ce n'est pas vrai qu'elle est sale). La colère également, entretenue par cette école d'art nulle que nous ne nommerons pas et où elle a perdu quatre ans. A cette époque, et c'est un symptome, elle se met à dessiner partout ailleurs qu'au cours : «Sur la liste des commissions et les couvertures des cahiers. Essentiellement des bonshommes tout nus et des bêtes.» Elle comprend que ce qu'elle désire profondément dans la vie, c'est raconter des histoires. Pas forcément de bonshommes tout nus. Mais de bêtes, ça oui. Et c'est ainsi que naissent ses premiers albums à « L'Ecole des Loisirs ». «Il paraît que quand je dessine, je grimace, confie Anaïs. Je fais absolument toutes les expressions avec ma bouche, mes sourcils, et je ne m'en rends même pas compte.» Mais le pire, c'est ce qui se passe à l'intérieur, car Anaïs n'a rien oublié des crédulités et des déceptions de l'enfance : « Je me rappelle d'un de ces jeux : colorie tous les A en vert, les B en rouge, les C en jaune... Et une surprise apparaîtra ! Pendant une semaine, peut-être même deux, j'avais colorié chaque case avec une application infinie. Je pensais : si je dépasse, je vais ruiner toute la magie. J'ai colorié le dernier C jaune en retenant mon souffle, et puis rien. On voyait sur la page un motif de chat géométrique, je l'avais vu depuis longtemps déjà. Je m'attendais à autre chose, bien sûr. Un elfe jaillissant du papier, un animal qui serait mon ami... en fait je m'attendais à la désillusion depuis le tout début.» Mais dans les albums d'Anaïs, la crédulité, la confiance, la foi, l'optimisme et l'audace sont toujours récompensés : « Laurent tout seul » découvre le monde, l'amour et la liberté; la moquerie d'une grande sœur («Tiens, v'là un bonbon, t'as qu'à le planter, ça fera un arbre à bonbons!») est déjouée par la fleur mauve qui se met à pousser à la place (« L'histoire du bonbon »). Et Anaïs, telle une fée, se penche sur l'épaule des enfants désenchantés, non pour leur raconter des bobards, mais pour leur chuchoter : «Je te comprends, on est tous passés par là.» Sophie Chérer. Extrait de L’Album des Albums, l’école des loisirs, 1997.
Partager

Laissez-nous votre email pour être prévenu de l'actualité de cet auteur

Suivre cet auteur